Le Paradis… avant liquidation

Et si le Paradis sur Terre était un ensemble d’îles de l’Océan Pacifique qui se nomme les Kiribati ? Ce pays ne vous dit rien, ne vous inquiétez pas, il m’était inconnu à moi aussi avant de lire un livre dès plus instructif sur la vie de cet archipel voué à disparaitre à cause du réchauffement climatique…

Le ton est donné dès les premières lignes

Craignant que le changement climatique n’anéantisse l’intégralité de leur archipel, les dirigeants des Kiribati envisagent de recourir à un plan de sauvegarde extraordinaire : déplacer leur population aux Fidji.

Dépêche Associated Press – 9 mars 2012

Alarmiste sans l’être véritablement, Julien Blanc-Gras nous donne une vision simple et non édulcorée de la vie quotidienne des I-Kiribati. Une bonne façon de nous laisser seul juge face aux événements qui se produisent sur cet archipel à l’autre bout de la planète, d’y entrevoir ses beautés, mais aussi ses travers, d’y contempler les joies et les malheurs d’une population qui se sait en « voie d’extinction » dans les prochaines années. La cause est « simple » : le réchauffement climatique. Mais difficile à entendre pour eux qui ne sont pas « responsables directement » de ce problème qui fait monter les eaux d’années en années, grignotant toujours plus de terres habitables.

Simple, franche et directe, l’écriture de ce livre est parfaite pour se plonger au coeur des Kiribati et de ce petit « Paradis » qu’est leur archipel. Avant de commencer la lecture, jamais je ne me serais posé la question de savoir si lors de ce tour du monde j’allais tenter d’explorer l’Océanie et ses nombreuses îles, moi qui « adore » tant le bateau ! Après… la décision était évidente… L’aventure ira jusque dans ces petites îles du Pacifique pour y découvrir une culture, un mode de vie, des paysages et une cuisine unique avant que tout cela ne disparaisse !

À très vite les Kiribati !

P.S : une petite parenthèse sur un des derniers paragraphes du livre que je trouve bien lucide et lourd de sens sur notre mode de vie occidental

Ce qui m’amène à ce cliché entendu mille fois à propos des régions où la misère serait moins pénible au soleil.

Ils sont pauvres, mais au fond ils sont plus heureux que nous.

La formule, souvent prononcée de loin, est exécrable quand elle oublie les ventres vides et la souffrance des vies trop courtes. Cela dit, il n’est pas insensé de dire que le niveau de joie émanant du quotidien aux Kiribati est supérieur à celui d’une grande ville occidentale modelée par l’insatisfaction et noyée sous les divertissements.

Pour de la lecture sur le sujet :

Pour la petite histoire :

J’avais reçu en cadeau ce livre l’an passé pour mes 28 ans par tous les anciens Loups parisiens. Il a longtemps trainé sur ma table de chevet, me disant toujours « promis, je vais te commencer dès que j’aurai terminé ce livre… ou celui là… », sans jamais prendre le temps d’y jeter un oeil… C’est en décembre dernier que j’avais alors commencé quelques pages un soir au coin du feu, avant de le reposer à nouveau pour le terminer le week-end dernier dans le Ouibus qui m’amenait sur Marseille (la boucle était alors bouclée pour ce livre qui m’avait été offert par A. travaillant chez eux).

Par | 2017-02-19T10:08:18+00:00 janvier 28th, 2017|France|0 commentaire

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