Tour du monde en vélo – Journal de bord 013 – Turquie

Jour 39 – Bergama à Izmir

Une longue route nous attendait aujourd’hui. Une bonne centaine de kilomètre à avaler pour rallier la troisième ville du pays, Izmir. Réveil tôt pour l’occasion. Cela nous a permis de voir une dernière fois Cihan, de le remercier encore pour tout avant qu’il ne parte au travail. Encore une très belle rencontre. Dommage pour lui qu’hier soir l’OL ait un peu ternis sa soirée. Nous emballons tout à nouveau, pour retrouver un magnifique soleil à l’extérieur. Il ne nous quittera pas de la journée. Avant de prendre la route, le président du club de cyclisme d’Izmir nous appelle. C’est lui qui nous a aidé à trouver un logement pour les deux prochaines nuits. Il nous demande si nous voulons bien présenter notre voyage le soir même dans un café devant plusieurs personnes. Kiki s’empresse de lui répondre positivement à la perspective de pouvoir rencontrer d’autres cyclistes qui auront eux aussi pleins d’histoires à raconter. Cela lui trottera dans la tête toute la journée, se demandant ce que nous allions pouvoir leur dire. Lui qui ne pouvait pas faire de présentations en anglais devant les clients quand il travaillait en agence à Paris.

La route entre Bergama et Izmir fut un véritable plaisir pour nous. Partis à 9h00, nous poserons pieds à terre dans Izmir à 14h45. Après bien entendu une petite pause pour se restaurer. Le vent était encore avec nous aujourd’hui pour nous pousser vers la côte et retrouver la mer. Cela vous fait faire des miracles. Cela vous fait surtout admirer de magnifiques petits villages en bord de mer. Cela vous fait passer par des centres-villes assez chaotiques en matière de route. Cela vous fait vous arrêter sur un petit pont au-dessus d’une rivière et observer deux personnes déversant leurs déchets de leur camion dans la nature. Cela vous fait croiser un motard sur la route qui nous saluera vivement puis nous fera rire en mimant l’acte de pédaler sur sa moto. Cela vous fait contempler la nature, belle et luxuriante. Cela vous fait entrer dans Izmir…

Disons-le-nous pour acquis, pédaler dans les grandes villes en Turquie est mission impossible. Même si le trafic est moins dangereux qu’à Istanbul, rouler dans Izmir a été une véritable galère. Il faut être vigilant et sur le qui-vive à chaque instant. Une voiture peut redémarrer sur votre droite sans mettre son clignotant ou sans vous voir. Un bus peut vous doubler pour vous faire une queue de poisson et s’arrêter deux mètres après pour déposer des passagers. Les minibus. N’en parlons pas. Une plaie. Toujours à s’arrêter sans s’inquiéter le moins du monde des autres personnes sur la route. Toujours à klaxonner. Tout le temps. Sans aucune raison. A plusieurs reprises, nous avons failli nous en prendre un qui ne devait pas connaitre le code de la route. Heureusement, une fois que l’on arrive dans Izmir, quelques pistes cyclables ont été aménagées pour être en dehors du trafic. Mais les 15 kilomètres avant dans la périphérie urbaine, vous devrez zigzaguer et être extrêmement vigilant.

Le paysage est radicalement opposé à tout ce que nous avons pu voir. On nous avait décrit Izmir comme une ville bien à part en Turquie. Nous comprenons pourquoi en la traversant. Propre et organisée. Voilà comment nous pourrions décrire la ville. Elle est immense. Les espaces verts semblent plus nombreux que ce nous avons pu voir dans d’autres villes pour l’instant. Leur entretien est impeccable. Mais ce point, nous l’avions déjà remarqué à Istanbul, où il y avait un nombre de personnes travaillant dans les espaces verts assez impressionnant. En flanc de colline, un mur de maisons se dresse face à nous. Nous l’admirons un instant. Puis nous allons nous poser prendre un thé et une sucrerie en attendant d’avoir l’adresse de notre hôte. Une petite demi-heure passe, puis nous nous dirigeons vers le quartier de Bornova. Nous découvrirons le soir venu, en nous baladant dans le quartier, qu’il y a une énorme vie nocturne ici. Des bars et des restaurants à profusion. Vous pouvez côtoyer du grand restaurant à côté d’une petite échoppe. Un bar à chicha à côté d’un bar à jeux. Les jeux, parlons-en. Dans la plupart des bars, vous trouverez des jeux à disposition. Echec, domino, backgammon, cartes, jeux de société parfois. Les turcs semblent en raffoler. En comparaison, nous sommes vraiment à la traine en France à ce niveau-là. Cela ne s’arrête pas là, puisque nous sommes passés devant des immenses salles de jeux-vidéos où un monde fou se pressait. Des canapés devant d’immense écrans de télévision pour jouer à Fifa. Ou alors des rangs d’ordinateurs pour jouer en réseau. A Izmir, les jeunes semblent avoir de quoi s’occuper. Nous, nous profiterons surtout d’un petit bar pour manger rapidement ce soir-là.

Il est 17h00 quand nous arrivons chez Ilkay qui habite en plein cœur du quartier de Bornova. Un petit bout de femme. Pleine d’énergie. Elle nous accueille dans sa colocation qu’elle partage avec une autre fille. Elle s’excuse pour l’état de la maison, il y a eu une soirée la veille. Aucun souci pour nous, nous avions l’habitude de ce genre de « non problème », surtout Kiki dans sa Coloc. Vélos et affaires rentrés dans une grande chambre, nous commençons à discuter avec elle. Elle nous apprend qu’elle n’est pas directement cycliste, mais que sa sœur est, elle par contre, cycliste professionnel ici, et qu’elle a donc décidé d’aider et héberger les personnes comme nous quand elle le pouvait. Ilkay travaille depuis son appartement. Elle tire le tarot et lit le marc de café turc. Voilà une activité que nous n’avions jamais vu. Nous espérons pouvoir y assister avant la fin de notre séjour chez elle. Nous comprenons rapidement qu’elle sera une de ses personnes sortant du cadre que nous allons adorer. S’en suivent plusieurs conversations, dont l’une marqua plus Kiki. Ici en Turquie, les cartes d’identité stipulent votre religion. Cela ressemble pour nous à un certain fichage d’un autre temps. Mais elle nous explique que cela permet, une fois mort, de pouvoir être « dirigé » dans le bon cimetière. Cela nous posera matière à réflexion pendant que nous nous reposerons un peu avant de sortir diner.

Mustafa, le président du club de cyclisme appelle alors. Il nous informe qu’il n’a pas pu réserver la salle pour le soir, et qu’il voudrait organiser la soirée le lundi soir. Nous nous regardons et acceptons sans problème, tant que cela ne dérange pas notre hôte. Elle nous dira le lendemain que c’est sans problème pour nous de rester deux nuits de plus. Voilà qu’une fois de plus notre programme change ici en Turquie. Mais comment passer à côté de la rencontre d’autres cyclistes et d’un échange qui risque d’être passionnant. Cela nous fera aussi une « pause » d’une petite semaine sans grande distance à vélo. Voilà ce qu’est le voyage !

Jour 40 – Selçuk

Le soleil entre progressivement dans la chambre. Le son de la musique aussi. Il est 7h30, et nous nous réveillons lentement. Il semblerait que la soirée d’Ilkay se soit prolongée bien tard, puisque nous les retrouverons, elle et deux de ses amis dans le salon à discuter en écoutant un peu de musique. Ah que de souvenirs pour Kiki. Nous leur faisons un petit coucou puis nous partons aussi sec. Il faut dire que dix minutes plus tôt nous avions décidé ce que nous allions faire de la journée : Selçuk. Et le train partait dans moins d’une heure. Nous devions nous rendre en plein centre d’Izmir pour aller le prendre. Le petit-déjeuner sera frugal à la gare, après avoir trouvé le métro et pris nos billets. Ici, à l’entrée des métros, vous trouverez des portiques et agents de sécurité. Ils ne rigolent pas là-dessus. Puis le métro arrive. Comme neuf. Dans un état impeccable. Pas un tag, pas de vitres rayées, pas de problème. Voilà qui change de celui de Paris. Six stations plus tard, nous sommes au pied du train. Lui aussi, dans un état parfait. Peu de monde semble prendre la ligne à cette heure-ci. Nous trouverons facilement des places pour que Kikinette puisse s’endormir sur la vitre, et Kiki regarder le paysage. Une heure et demi pour faire les 75 kilomètres qui nous séparait de notre étape du jour.

Selçuk était sur notre agenda comme notre prochaine étape après Izmir. On nous l’avait conseillé comme magnifique lieu d’histoire, grâce à l’ancienne cité d’Ephesus se trouvant juste à côté. Cela sera donc par le train que nous la visiterons. Déposés en plein centre-ville, notre regard se porte directement vers l’immense château qui domine la colline en face de nous. Nous y découvrirons la Basilique Saint Jean à ses pieds. Cette Basilique aux proportions considérables (130m sur 60) daterait du 4ème ou 5ème siècle. Elle a été édifiée sur la tombe de l’évangéliste Jean, l’un des apôtres de Jésus. Il ne reste aujourd’hui que des ruines, mais leur état de conservation ainsi que le travail de restauration au fil des années sont impressionnants. Nous déambulons dans les allées de cette ancienne Basilique, nous imaginons sa splendeur d’antan, avant de continuer notre ascension. Là-haut, nous entrons dans une gigantesque forteresse. Il ne restera principalement que le mur d’enceinte qui aura eu le droit à un travail de restauration. De là, vous avez une vue implacable et éblouissante sur toute la vallée environnante. Nous nous asseyons un moment sur les remparts pour nous délecter du paysage. Nous contemplons toute cette nature si parfaite et calme.

Le temps de redescendre en ville, nous nous asseyons pour manger un bout. Cela doit être un jour spécial. Les jeunes se baladent avec des ballons de couleurs et il y a de la musique dans les rue. Nous faisons un tour, puis nous cherchons la gare routière. Le site d’Ephesus est à quelques kilomètres de là, et la chaleur nous pousse à préférer un minibus pour y aller. Il lui faudra une dizaine de minutes pour nous déposer devant l’entrée du site. Quel site. Immense. Il nous faudra presque deux heures pour en faire le tour. Et encore, nous entrerons d’un côté de la colline pour en ressortir à l’extrême opposé. Il est gigantesque. Et sous le soleil battant, il vous assèchera le gosier très rapidement. N’oubliez pas d’avoir vos réserves d’eau, sinon, comme nous, vous ferez les parfaits touristes à acheter des petites bouteilles d’eau à l’intérieur à 3LT au lieu de 0,30LT en supermarché… Mais quand on a soif qu’importe le prix, et ils l’ont bien compris à l’intérieur du site. Nous aurons de la « chance », très peu de monde en ce samedi. Nous croiserons seulement un nombre incroyable d’enfants qui quitteront le site quand nous y arriverons. A croire que les sorties scolaires se font le samedi en Turquie.

La promenade s’engage. Des panneaux vous expliquent toute l’histoire du site historique sur plusieurs siècles et son évolution progressive. Nous nous arrêtons pour les lire à l’ombre des grands arbres qui bordent la route pavée qui déambule dans tout Ephesus. Un premier carrefour. Sur notre gauche, l’immense Théâtre à flanc de colline. Nous prendrons à droite pour visiter en premier l’Eglise au nom de la Vierge Marie. De l’édifice, il ne reste que quelques grosses structures et colonnades qui vous donnent une idée de la grandeur du lieu. Nous retournons sur nos pas vers le Théâtre. Nous montons quelques marches. Nous voilà en son sein. Nous voilà tout petit dans ses tribunes. Nous les parcourons pour en sortir et continuer notre chemin sur une grande allée. Là, une petite avancée. Nous y montons pour contempler un spectacle magnifique. L’ancienne grande place d’Ephesus. Derrière elle, nous apercevons la Bibliothèque. Un petit bijou conservé dans le temps. Les pas nous en rapprochent. Elle se tient devant nous. La façade avant de la Bibliothèque. Nous nous arrêtons net pour la scruter sous tous les angles. Les statues. Les gravures. Une finesse et une beauté qui vous font rêver un court instant. De tels monuments sont rares, et pouvoir les contempler est une grande chance. Nous le savons. Nous finissons le tour du site par une montée qui nous amènera sur un autre petit Théâtre, lui aussi très bien conservé. Tout le long, des bouts de Temples et de Maisons nous accompagne dans l’ascension. Nous ressortons avec des images plein la tête.

Pas de minibus pour le retour. On nous dit que nous ne pouvons pas le prendre à l’intérieur du site. Nous ne comprenons pas pourquoi, alors nous décidons d’y aller à pieds. Qu’importe, le soleil est là, un petit chemin de terre à travers champs aussi, alors pourquoi se priver d’une petite balade champêtre. Trois kilomètres plus loin, nous voilà déjà en ville. Un grand marché tient place. On s’y faufile dans les allées et décidons d’acheter quelques légumes pour faire à manger à notre hôte qui nous héberge plusieurs nuits. Kiki décide de faire une ratatouille et du riz comme plat. Alors, après avoir rapidement regardé quelques étals, nous en choisissons une. Celle qui avait les plus belles couleurs. Nous remplissons notre sac : 2 aubergines, 3 courgettes, 5 tomates. La dame pèse notre sac puis nous rajoute encore 7 autres tomates. Elle nous annonce le prix : 10TL. Kiki reste stupéfait. Un si gros sac de légumes pour ce prix, en France, il n’aurait pu avoir que les courgettes. Le train du retour n’étant que dans une bonne heure, notre regard se porte vers un glacier. Il fait chaud, comprenez-nous. Nous devons nous rafraichir. Quelle douce sensation de froid. Puis voilà que nous sommes déjà sur le quai de la gare à attendre le train. Là, quelques bancs à l’ombre, et un monde fou. La plupart des jeunes laissent leurs places aux ainés. Tous sauf un groupe de quatre qui squattent sans se soucier du reste. Kiki maugrée dans sa barbe à leur encontre. Il sourira un peu plus tard dans le train quand il les verra à chercher une place sans en trouver à leur tour. Le train approche. Il est plein à craquer. Si le matin nous avions pu être assis confortablement, ce soir, cela sera assis en plein milieu du train par terre. Pas grave, nous avons l’habitude.

Deux bonnes heures plus tard, nous voilà à l’appartement. Nous pensions préparer à manger pour Ilkay, mais cela sera pour un autre soir. Elle était là avec d’autres amis dans le salon à discuter et manger un bout. Elle nous invite à venir nous asseoir et discuter un peu. Nous écouterons plus que nous parlerons, vu qu’ils parlaient tous Turcs uniquement. Mais c’était assez amusant pour nous. Les Turcs parlent comme les Italiens, très fort et parfois avec des gestes. On pourrait les croire énerver, mais non, c’est juste le ton normal nous explique Ilkay. Nous rigolons avec eux quand nous comprenons certaines conversations. Puis ils commencent à mettre de la musique, et là, des chansons françaises qu’ils aiment bien. Nous leur traduisons rapidement les paroles. Nous aurons aussi le droit à la musique turque à la mode. C’est rythmé et pas mal du tout. Nos ventres criant famine, nous les quittons un moment pour nous faire un fast food à l’angle de la rue. Quand nous revenons, la moitié des personnes était partie et les filles restantes s’étaient mises dans une envie de grand nettoyage. Nous partons nous coucher de notre côté, épuisé par la journée écoulée.

Jour 41 – Izmir

7h00. Le soleil réveille doucement Kiki. Il en profitera jusque vers 9h00 pour travailler un peu, le temps que Kikinette se réveille de sa grasse matinée. Le bruit du clavier ne semblait pas la déranger le moins du monde. Par contre la mouche qui s’était introduit par la fenêtre a été un facteur déclencheur pour se lever. Il s’agira pour nous d’une journée de « repos » où nous ne ferons pas grand-chose. Un des amis d’Ilkay nous avait conseillé d’aller visiter un lac, mais la « flemme » nous poussa plutôt à partir visiter le centre-ville d’Izmir. A court de liquidité, nous devions aussi trouver un change. Nous n’en trouverons pas un d’ouvert, nous poussant à retirer au distributeur. Comme nous devions encore rester un jour sur Izmir, le programme était plutôt simple : aller sur le front de mer, se balader tout le long, manger, remonter vers le centre, prendre un métro et rentrer.

Bien entendu, Kiki a parfois des idées loufoques… Du style faire 10km sous le soleil de bon matin pour y aller. Bon, nous sommes partis que vers 11h, après avoir bien pris notre temps. Nous pensions pouvoir traverser quelques rues animées. Au final, des rues désertes. Personne. Pas âme qui vive dans les rues que nous prendrons. Il faut dire que nous sommes passés par des zones industrielles et des zones étudiantes. Difficile d’y trouver du monde un dimanche. Surtout un dimanche de vote. De la journée, nous n’avons pas croisé un seul bureau de vote. Ou alors il n’y avait pas foule devant les bâtiments de vote. Au choix. Nous arriverons sur le front de mer après une bonne heure et demi de marche sous un soleil ardant. Premier constat sur Izmir : toutes les routes sont en bon état. Pas une seule route de terre dans tout ce que nous avons traversé. Deuxième constat : l’accent est vraiment mis sur la propreté. Tout est si clean, à croire que vous êtes ailleurs. Troisième constat : de grands immeubles en bon état qui ne font pas du tout style turc. On se dit de plus en plus qu’Izmir est une ville vraiment à part en Turquie.

L’heure tourne et nous décidons de nous installer dans un restaurant. C’est dimanche, et ici aussi ils font des brunchs. Alors nous décidons de prendre celui qui propose un buffet à volonté. Comment expliquer que pour 35LT par personne vous puissiez avoir un buffet aussi copieux, aussi délicieux, aussi varié. Nos ventres ne s’en remettront pas. Une première assiette avec les entrées et les différentes sortes de fromages. Une deuxième assiette avec les plats chauds. Et enfin une troisième assiette partagée cette fois avec une multitude de petits gâteaux différents. Nous voulions tout tester, comme nous l’ont appris nos mamans étant jeune. Il faut savoir faire honneur au cuisinier aussi. Cela aurait été dommage. Vous agrémentez le tout d’un jus d’orange pressé frais, et nous voilà au comble du bonheur culinaire. Il sera dur de repartir de la chaise pour marcher à nouveau.

Mais nous avons continué notre descente du front de mer. Un espace complètement piétonnisé, avec des espaces verts pour que les gens puissent s’y reposer ou pique-niquer, une piste cyclable pour vélos et rollers, et une belle allée le long de la mer pour nous autres piétons. Tout en bas de l’avenue Atatürk, cette grande avenue de 4km, une énorme esplanade. Une foule immense y est rassemblée. Une bonne partie est assise dans l’herbe à manger ou boire un thé, une autre déambule sur la place, s’amuse avec les pigeons venus manger les graines qu’on leur jette, les plus jeunes se rafraichissent dans la fontaine. C’est un autre monde, bien plus léger, bien loin de l’agitation qui peut régner à Istanbul en comparaison. Là, le grand bazar d’Izmir s’ouvre à nous. Nous nous y baladerons dans ses traverses. Ici, à Izmir, tous les marchands nous parlent en Français pour nous faire venir voir leurs produits. Nous ne sommes plus des Espagnols, mais bien des Français à nouveau. Petit sourire. Nous discutons avec l’un d’eux, et lui expliquons que nous ne pouvons hélas rien acheter étant en vélos. Ils nous souhaitent bon courage et nous repartons vers l’Eglise Saint Polycarp, l’une des sept Eglises de l’Apocalypse. Nous pensions pouvoir la visiter, mais non, tout est fermé. La petite taille du bâtiment nous étonne en comparaison du gigantesque hôtel Hilton qui se trouve juste derrière. Nous délaissons ça, pour nous poser sur un banc dans un petit jardin, à l’ombre des arbres. C’est que nous avons presque marché une vingtaine de kilomètres pour notre journée de repos, alors avant de retourner à l’appartement, nous prenons du temps pour nous. Le métro est là, nous nous y engouffrons. Ou du moins, juste Kiki. Kikinette n’aura pas été assez rapide pour monter dans la rame avant que les portes ne se referment. Nous ferons voyage séparé, mais nous rentrerons sans problème.

Ce soir, Kiki se met aux fourneaux. Nous pensions pouvoir cuisiner pour Ilkay, mais elle ne rentrera qu’au milieu de la nuit. Alors cela sera uniquement tous les deux pour une ratatouille avec du riz. Nous en profitons pour nous reposer dans le lit, quand soudain la clameur se fait entendre dans la rue. D’abord quelques voitures qui klaxonnent, puis une petite foule qui commence à clamer sa joie. Nous regardons les résultats pour voir que le OUI l’a emporté. Une longue nuit débutait pour certains.


Data depuis le début de notre tour du monde en vélo

  • Budget : 1 945,92LT
  • Kilomètres parcourus : 502,70
  • Temps de déplacement : 1j16h00m56s
  • Altitude : 4079+ / 3862-
  • Calories dépensées par personne : 17126

 

Par | 2017-09-15T15:41:39+00:00 avril 19th, 2017|Turquie|1 Comment

Un commentaire

  1. Jean Jacques ERNANDORENA 19 avril 2017 à 22 h 45 min - Répondre

    Bonjour à tous les 2,

    Encore une belle présentation d’Izmir.
    Quelle joie également d’être reçus « chez l’habitant »
    en plus du confort cela doit être riche en découverte.
    Bon courage
    Jean Jacques

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