Tour du monde en vélo – Journal de bord 015 – Turquie

Jour 45 – Konya

La grande baie vitrée laisse passer allègrement le soleil. Tout le salon est baigné par sa lumière, mais nous nous retournerons dans le canapé pour éviter de la voir dès 6h00 du matin. Nous nous lèverons trois heures plus tard, en même temps que tout le monde. Yunus commence à fouiller dans ses tiroirs puis nous tend des gâteaux et un autocollant à chacun. Il s’agit de l’emblème du club de cyclistes de Konya, un rhinocéros jaune. Il prendra place très rapidement sur l’avant du vélo. Notre premier cadeau déco pour nos montures, nous sommes assez fiers et le remercions alors chaleureusement. Nous voilà alors tous les quatre sur nos vélos pour nous rendre chez Ibrahim qui habite en plein centre-ville. Sur le pas de la porte, Yunus nous quitte. Il part pour la journée pédaler dans les environs de Konya. Il fera au final plus de 140km et partagera des photos de lui dans d’immenses champs de tulipes. La ville et la région étant connu pour exporter énormément de tulipes dans le monde entier.

Ibrahim nous invite à monter chez lui déposer nos affaires et nos vélos. Quatre étages plus haut, nous arrivons dans une grande colocation. Une des chambres est pour nous, avec deux canapés convertibles et de la place pour camper sans problème. Ibrahim s’affaire alors en cuisine le temps que nous prenions une rapide douche. Il nous prépare un petit-déjeuner qui fera office d’énorme brunch. Dans sa chambre, il déploie une grande nappe par terre, puis y dépose dessus du fromage, des olives, de l’omelette et du pain. Nous n’oublions pas le thé et le café bien entendu avant de nous asseoir par terre et commencer le repas. Comme depuis le début de l’aventure en Turquie, nous mangerons jusqu’à plus faim et jusqu’à ce que toute la nourriture ait disparu de la table. Nous mangerons et discuterons une bonne heure. Ibrahim est stagiaire avocat. Il travaille dans un cabinet non loin de son appartement. Il nous dit qu’il ne parle pas bien Anglais, et pourtant nous lui disons le contraire à la suite des heures qui s’écoulent. Il fait lui aussi parti d’un club de cyclisme ici à Konya, même si avant il avait pu faire du football pendant quelques années. Kiki se découvrira des points communs avec lui, avec le fait qu’il a aussi eu sa période geek avec les jeux vidéos pendant ses études.

L’heure tourne, et nous partons alors en ville. Ibrahim nous accompagne jusqu’à la poste avant de devoir se rendre à son travail. Voilà presque deux semaines qu’un colis nous avait été envoyé en poste restante ici à Konya où nous devions le récupérer. Mais en arrivant, désillusion totale… Le colis est bloqué à la douane à Istanbul depuis plusieurs jours sans savoir pourquoi. Ibrahim appelle alors un ami à lui qui travaille à la poste turque qui lui explique que le colis va peut-être arriver d’ici quatre ou cinq jours, ou qu’il va être renvoyé en France. Personne ne sait ce qui peut arriver. Les batteries du drone semblent poser problème. Ou alors les dosettes de café de Kikinette. Nous ne saurons pas pour l’heure. Nous repartons bredouille et accompagnons Ibrahim jusqu’à son travail. Il nous propose alors sur le chemin de nous héberger jusqu’à ce que le colis arrive. Sur le moment, nous disons oui, mais nous lui annoncerons le soir que nous allons continuer notre route, ne sachant pas si le colis va vraiment arriver ou non. Si il arrive un jour, Kiki prendra un bus pour venir le chercher puisque nous devons rester en Cappadoce pendant plus d’une dizaine de jours.

Nous voilà seul pour l’après-midi dans la plus grande ville du pays en termes de superficie. Nous avions regardé rapidement les points d’intérêts, et le cœur de ville semblait être le seul endroit à voir pour son patrimoine. Nous commençons alors à déambuler pensant nous diriger vers un immense parc qui était en vert sur Google Maps. Il s’agissait en fait d’un immense cimetière. Là, en longeant ce dernier, nous croisons un nombre croissant et impressionnant de policiers et gendarmes. Nous commençons à nous dire que la sécurité est très relevée ici. Nous comprendrons un peu plus loin en voyant une foule amassée suivant un cercueil qu’un enterrement avait lieu et qu’il devait certainement s’agir de celui d’un policier. Nous repartons vers le centre, mangeons une petite glace pour nous refroidir compte tenu de la chaleur monstrueuse, puis gravissons une petite colline où était niché un magnifique jardin de tulipes de toutes les couleurs. De là, nous partons vers Mevlana, LE site sacré de la ville où de nombreux sultans étaient enterrés. En la contournant, nous longeons le mur d’enceinte. Là, nous pouvons voir de nombreux musulmans prier à côté de celui-ci en regardant à travers les alcôves du mur. Nous comprendrons en visitant ensuite l’importance du lieu pour les musulmans et son caractère très religieux. A l’intérieur, tombes, textes sacrées et peintures murales éblouissantes nous donne matière à réflexion. Mais nous repartons déjà vers les petites ruelles de ce qui ressemblait à un bazar. On aurait pu croire être dans une autre ville, tant l’ambiance et l’architecture était différente. Des petites maisons avec une devanture en bois. Chaque allée avait sa spécialité, ici les chaussures, ici les bijoutiers, ici la nourriture. On se promène encore un peu, avant de se décider de rentrer attendre Ibrahim chez lui.

Konya est une ville bien différente sous de nombreux aspects. On nous avait dit qu’ici la religion avait une importance tout autre. Nous le comprenons rapidement en voyant le nombre de Mosquée dans la ville. Partout où porte votre regard, vous verrez un minaret. Mais aussi par le respect des traditions religieuses avec presque uniquement des femmes voilées. Ce qui est à l’opposé complet de la côte que nous venions de quitter. La tenue de Kikinette a donc bien intrigué et fait porter sur elle quelques regards. Mais outre cet aspect religieux, c’est l’état de la ville, impeccable sous tous ses aspects. Et que dire alors de la place du vélo qui est magique. Des pistes cyclables dans toute la ville et des vélos en libre-service. On se sent presque comme en Italie. On aurait pu donner un 100/100, si seulement certains automobilistes ne considéraient pas les pistes cyclables comme des parkings gratuits. Mais bon, l’ambiance générale est totalement différente de ce que nous avons vu jusqu’alors.

Ibrahim nous appelle. Il nous rejoint à l’appartement. Il est 17h00 et le voilà à nouveau dans la cuisine à nous préparer à manger. Nous remettrons la table dans sa chambre pour qu’une heure plus tard nous entamions une longue et parfaite soirée qui se terminera vers les 1h00. Une énorme casserole de pates est posée ainsi qu’une petite de soupe. Nous nous resservirons chacun trois énormes assiettes de la première et deux de l’autre. Il fallait finir toute la nourriture sur la table. Les bonnes discussions durent et durent longtemps, ce qui permet de digérer et recommencer encore. Des amis à lui arrivent alors sur les coups de 20h00, ainsi que l’un de ses colocs. Ibrahim nous invite à se joindre à eux pour prendre le thé et le dessert. Nous discuterons un bon moment tous ensemble, avant qu’ils ne nous demandent de leur apprendre quelques mots en Français. C’était assez rigolo. Nous voilà à dire un mot en Anglais, puis en Français et eux nous le dire en Turc. Nous avons ainsi pu chacun élargir notre vocabulaire dans une nouvelle langue. Là, nous sommes intrigués par nos hôtes. Ibrahim avait ramené des graines de tournesol. Nous en avions vu des tonnes sur les marchés. Et quand nous les avons vu les manger, nous sommes restés admiratifs. Ils les croquaient pour casser la graine puis arrivaient ensuite à manger uniquement le cœur. Nous avons bien essayé de faire comme eux, mais malgré leurs explications, impossible.

Là, le coloc d’Ibrahim nous propose de regarder le match du Besiktas contre Lyon. Comme nous avions raté le match de Monaco la veille dans le bus, nous sautons sur l’occasion. Nous regarderons donc avec des turcs ce match assez particulier. Pas de fanatiques de football, plus comme nous, à le regarder pour la beauté du jeu, et là, nous avons été servis. Chacun à supporter notre pays, mais en admirant les prouesses de l’autre. Nous nous étonnons au but de Lyon, quand tout d’un coup, nous n’entendions plus aucun bruit sur l’ordinateur. Nous pensions à un problème, mais nous comprenons rapidement qu’un silence de marbre s’était installé dans le stade. Puis à la séance de pénalty, nous rigolons tous en voyant les gros plans des caméras sur les supporters turcs priant. Nous nous disons que Dieu ne doit pas regarder le foot ce soir. Le match terminé, la fatigue tombe d’un coup. Nous nous quittons tous sur cette victoire lyonnaise qui laissera une ville bien calme pour la nuit.

Jour 46 – Konya à Sultanhani

Cette journée marquera une nouvelle étape dans notre voyage. Après une courte nuit, Ibrahim souhaitait que nous prenions un bon petit-déjeuner tous ensemble avant que nous reprenions la route. Comme la veille, nous avons pu prendre une grande dose d’énergie avec ce dernier. Il y avait même de la crème de marron en supplément pour être sûr d’avoir assez de force pour la journée. Nous discutons un peu, puis une conversation en amenant à une autre, nous passons de nos séries préférées (comme nous Breaking Bad par exemple), aux musiques que nous pouvions écouter. Et nous voilà pendant un bon moment à switcher sur YouTube pour mettre une fois une chanson que nous aimons bien, une fois celles que lui écoute. Il nous fait ainsi découvrir des styles bien variés et des musiques turques bien entrainantes. A un moment, vint Zaz. Il adore cette chanteuse française. Nous lui expliquons alors comment elle a été connue chez nous, dans le métro, comme d’autres chanteurs prometteurs. Nous lui passerons du Cœur de Pirate, du Stephan Eicher ou encore du Shaka Ponk de notre côté. Une belle matinée pour se réveiller en douceur et pouvoir attaquer la longue route qui nous attendait. Ni une, ni deux, il décide de prendre son vélo pour nous accompagner jusqu’à la sortie de la ville. Nous ferons un bon bout de chemin ensemble, plus de 10km, et encore, nous n’étions pas vraiment à la sortie de la ville, le panneau n’apparaissant que 10km plus loin. Une ville immense. Au moment de nous quitter, Ibrahim nous remercie. Nous lui disons que non, c’est nous qui le remercions pour tous ces bons moments ensemble, qu’il a été extra avec nous, et nous l’enlaçons pour lui dire au revoir. Kiki lui donne rendez-vous dans une semaine quand il reviendra (peut-être) chercher notre colis sur Konya, en espérant pouvoir manger ensemble à nouveau.

Nous avions été prévenus. La route jusqu’à Aksaray allait être droite, longue, monotone et sans aucun paysage. Nous n’y avons pas cru, nous disant qu’il y a toujours quelque chose à voir. Mais non. La route était bien droite, longue, monotone et sans aucun paysage. Du moins, si. Il y avait bien un nombre impressionnant de lignes électriques qui traversaient des terrains vagues à perte de vue. Parfois nous pouvions croiser des troupeaux de vaches ou de chèvres sur le bas-côté. Souvent, de petits animaux, que nous pensions être des rats, mais qui étaient autre chose d’indéterminée, s’enfuyaient dans les champs à notre arrivée. Le seul point positif du début de journée de la route fut d’avoir le vent dans le dos, nous poussant à des pointes de vitesse plutôt intéressante pour avaler rapidement les kilomètres.

Puis là, alors que le vent commençait à tourner lentement en notre défaveur, nous apercevons deux ombres au loin. Nous les rattrapons petit à petit, et là, deux cyclotouristes comme nous avec le plein de sacoches. Ils s’arrêtent sur le bord de la route. Nous les rejoignons. Laurène et Philippe, depuis presque un an sur les routes. Elle est Française. Il est Belge. Ils sont partis depuis Liège, pour traverser la France, l’Espagne, l’Italie, la Croatie, la Bosnie, le Monténégro, l’Albanie, la Grèce et maintenant la Turquie. Nous discutons un petit moment sur le bord de la route, puis nos parcours étant presque similaire, nous décidons de reprendre la route tous ensemble. Nous en parlions encore la veille, de se demander quand nous allions pouvoir rencontrer des cyclotouristes sur la route. Et voilà que nous tombons dessus sur la route la plus improbable possible et la plus droite de toute. Cela nous fait bizarre de se dire que nous ne sommes pas seuls. Sur la route, nous roulons deux par deux. Les hommes devant, les femmes derrière. Chacun papotant ensemble pour s’échanger les récits de voyages et autres. L’avancée est plus lente. Entre les discussions et le vent de face, les kilomètres n’avançaient plus aussi vite que sur le début du parcours.

La faim nous gagne. Une petite station-service sur le chemin. Nous y posons les vélos pour faire le plein de quelques victuailles fraiches pour le déjeuner. Nous prenons un peu de tout pour faire un pique-nique, payons, puis avant de repartir, le vieux monsieur tenant l’établissement nous invite à boire le thé. Le voilà à nous installer à une table, à sortir des tabourets et à nous inviter à nous asseoir. Le thé arrive, nous le buvons tout en discutant avec ce vieux monsieur. Une gentillesse extrême. Il ne parlait pas Anglais, mais à force de quelques gestes, nous nous comprenons, et c’est l’essentiel. Lui aussi était surpris quand nous lui racontons d’où nous venions et combien de temps nous pouvions être partis. Le tasse vide posée sur la table, nous le saluons et le remercions avant de partir casser la croûte dans une petite cabane à côté. Quel bonheur après une bonne matinée que de se restaurer ainsi.

L’heure tourne, et nous décidons de reprendre nos vélos. La route était toujours identique. Elle n’avait hélas pas changé en une heure de temps. Seul le vent soufflait plus fort qu’avant par moment, soulevant des rafales de sable assez désagréable pour les yeux. Arrêt sur le bord de la route pour s’ajouter une couche à cause du froid, et voilà qu’un homme d’une quarantaine d’année s’approche de nous pour discuter avec nous (nous pensions qu’il en avait 60 vu ses cheveux blancs). Il parle uniquement le Turc, nous fait des gestes, et semblent nous inviter à se laver chez lui. Nous refusons poliment en voyant l’heure tourner et qu’il nous restait encore une bonne vingtaine de kilomètres à faire. Nous le saluons et reprenons la route. Quelques kilomètres plus loin, une petite moto remonte vers nous et s’arrête au niveau des filles. Il s’agissait du même homme. Il habite un peu plus loin et veut nous inviter à boire un thé. Nous acceptons. Cela sera le deuxième thé offert de la journée (nous en boirons deux). Il nous escorte alors pendant un temps, avant de nous dire de nous arrêter un peu plus loin, et qu’il nous attendra. Il nous attendra vraiment, en traversant la deux fois deux voies pour nous indiquer le chemin à pieds. Un petit bout d’homme vraiment extraordinaire avec qui nous passeront un moment avant d’aller vers notre destination du jour.

La ville est en vue. Un homme se porte à notre niveau en moto. Nous lui disons que nous cherchons une pension pour la nuit. Il s’agissait en fait du propriétaire de l’unique pension de la ville. Nous voilà bien tombés. Il nous escorte à son tour sur 500 mètres, et nous voilà dans le jardin de sa petite maison qui fait office de pension. Nous aurons chacun notre chambre pour deux personnes où dormir avec un peu de froid pour la nuit. Là, un autre cyclotouriste est là à camper. Un Néo-Zélandais qui faisait le tour dans l’autre sens. Nous échangerons avec lui un temps, avant que notre nourriture ne nous soit livrée directement à la pension. Une bonne soirée à échanger et papoter librement entre nous tous avant de se décider à partir se coucher.

Jour 47 – Sultanhani à Aksaray

La nuit a été plutôt fraiche. Un petit courant d’air s’immisçait dans nos chambres. L’état de l’isolation était surement au minimum. Mais rien qui pouvait nous empêcher de vraiment nous reposer comme il se doit. Au petit matin, Kiki est parti explorer la ville à la recherche de quelques éléments manquant pour faire le petit-déjeuner, dont notamment un yaourt. Comment pourrions-nous faire sans cela ! Tout est sur la table, tout le monde s’est réveillé, et le propriétaire arrive lui aussi pour faire le thé. Un homme vraiment très sympathique qui nous a donné quelques conseils, mais aussi montré un set de vieilles photos qu’il avait sur les murs pour nous montrer la région. Son père arrive, il parle un peu le Français. Nous discuterons un peu avec lui sur les différents sites à visiter dans le coin. Collations terminées, nous partons visiter le Kervansarayı qui se trouve à deux pas de la pension.

Nous arrivons face à une structure très imposante qui servait dans le temps de relai étape pour les caravanes de la route de la soie. Tous les 30km environ, un tel édifice, plus ou moins imposant, était édifié pour que les marchands puissent se reposer et être en sécurité face aux voleurs des grands chemins. Dedans, une grande place avec en son centre une sorte de petite tour. Sur chaque côté, des pièces qui servaient pour se reposer ou manger. Au fond, une immense grange de pierre, avec des voutes impressionnantes, où étaient stationnés les marchandises et convois. Nous apprendrons que ce lieu est l’un des mieux conservé de Turquie dans son état d’origine. Le temps de grimper sur la tour centrale pour quelques photos, que voilà un bus de touristes envahissant le lieu. Nous partons chercher nos vélos pour reprendre la route. Nous roulerons tranquillement aujourd’hui, le vent étant encore un peu contre nous. Nous nous arrêterons ici et là pour contempler le paysage toujours aussi vide, et pour grignoter quelques gâteaux. Devant nous, Askaray se dévoile, après une petite traversée de toute la zone industrielle de la ville.

Rendez-vous avez été donné devant le Burger King de la ville, en plein centre. A peine nous nous arrêtions, qu’une personne engage la conversation avec Philippe. Il reviendra quelques minutes plus tard avec un thé pour chacun de nous. L’occasion de poser les vélos et s’asseoir à table avec Ibrahim, chauffeur routier qui habite ici. Malgré sa bonne carrure, il semblait tout réservé et timide. Nous buvons notre thé tous ensemble avant qu’Ismaël, étudiant en tourisme, puis Mehmet ne nous rejoignent. Nos deux hôtes du jour qui allaient nous héberger tous les quatre. Nos ventres gargouillent. Il est plus de 14h00 passé. Nous partons avec eux vers Domino Pizza où Mehmet est responsable. Il nous offrira deux énormes pizzas bien succulentes pour nous contenter largement. Mais que serait un repas sans un thé. Nous partons tous ensemble vers le bar de l’autre côté de la rue pour nous attabler à nouveau. Cela sera thé pour nos hôtes et Kiki, et un café spécial pour Kikinette, Laurène et Philippe. Un excellent café à la vue des retours très positifs. Des petits chocolats sont amenés sur la table pour accompagner, nous les dévorerons, surtout Kiki tombé sous leur charme. Nous demandons à Mehmet où nous pouvions en acheter, et le voilà à demander au serveur, un ami à lui de nous en ramener. Nous aurons le droit à quatre beaux paquets de chocolat. Un délice !

L’heure tourne, Mehmet doit nous abandonner pour quelques heures et retourner à son travail. Ismaël nous emmène alors dans le petit parc de la ville où des amis à lui sont déjà présents. Nous y resterons toute l’après-midi à discuter avec eux, prendre le soleil, et découvrir la vie de cette « petite » ville. Une ville très jeune à ce que nous constatons. Toute l’après-midi, nous verrons défiler des amis d’Ismaël qui viendront et partiront. Certains s’arrêtant fumer une cigarette, d’autres boire un coup, avant de reprendre leur chemin. Nous aurons le droit à deux musiciens dans le groupe qui nous jouerons quelques morceaux locaux assez entrainant. Nous en profitons. Des moments de détente comme ceux-là peuvent être assez rare et précieux pour les apprécier à leur juste valeur. Des enfants vont et viennent dans le parc, s’amusant avec pas grand-chose. Ils nous apprendront qu’il s’agit d’enfants syriens ou afghans qui sont arrivés ici depuis quelques années suite aux conflits dans leurs pays. A la différence de chez nous où les gens ne poseraient pas le regard sur eux et les ignoreraient complètement, ici ils sont acceptés. Les amis d’Ismaël leur parlent, rigolent et jouent avec eux. Il n’y a pas de barrière. Deux petites filles s’approchent avec un sac. A l’intérieur des bonbons. Elles en proposent à certains garçons de la bande puis s’assoient sur le banc avec nous. Elles commencent à nous regarder, très intriguée par nos visages. Elles veulent nous en offrir aussi, mais elles sont timides, ne nous connaissant pas. Pendant plus de 15 minutes, elles resteront comme ça, amusées et intriguées à la fois, hésitant à venir nous tendre leur petit sac rempli de bonbons. L’un des amis d’Ismaël leur apprend une petite phrase en Anglais « Do you want some » pour qu’elles puissent nous en proposer. Après un moment, nous sortons de nos sacoches deux paquets de chips, et entamons alors un moment « d’échange » pour leur permettre d’être moins timide. Kikinette et Philippe s’occuperont du marché. Après ça, les deux petites filles n’arrêtaient plus de vouloir nous en proposer. Elles étaient toutes les deux très jeunes, 10 ans peut-être, mignonne et très polie. Avant que nous partions, elles partent cueillir des fleurs pour en faire un petit bouquet qu’elles offriront aux filles. Il sera mis sur le guidon des vélos pour les garder avec nous.

Tout le monde se sépare, nous partons avec Ismaël vers l’appartement familiale. Nous y dormirons là-bas cette nuit. Le temps de déposer nos affaires, Kiki réussi à se prendre le pantalon dans un poteau et se déchirer la poche arrière. Pas de chance, cela sera atelier de couture un peu plus tard pour réparer les dégâts. Nous rencontrons la mère d’Ismaël, sa tante et une amie de la famille. Rapide discussion avant de repartir vers chez Mehmet pour y mettre les affaires de Laurène et Philippe où ils dormiront cette nuit. Là, la nuit commence doucement à tomber, et Mehmet décide de nous faire visiter la ville avant d’aller manger. Lui sur sa moto avec Ismaël à l’arrière, nous sur nos vélos. Un premier arrêt par la Mosquée principale de la ville, puis un deuxième par la grande place où se trouve la Clock Tower. Puis, le Kebab. Il fallait bien commencer notre « grand » repas qui allait se terminer plusieurs heures plus tard. Une immense assiette devant chacun d’entre nous allait être notre « entrée » du jour. Détour rapide ensuite par un supermarché pour acheter « quelques » victuailles et alcools pour la suite de la soirée. Nous pensions rentrer directement chez Mehmet pour la suite, mais il nous amène alors dans un café spécialisé dans un type de dessert : le Künefe. Comment vous dire que c’est surement l’un des meilleurs desserts que nous ayons mangés depuis des années. Du sucre en barre avec du fromage, le tout chaud. Une part énorme accompagnée de fromage frais et de son assiette de glace turque. Le mélange des températures est un vrai régal. Nos estomacs sont pleins à craquer, mais nous savons qu’il y a encore « l’after » à venir.

Pour nous faire digérer, Mehmet nous emmène visiter un autre grand parc de la ville, avec des bassins et poissons. Nous ne verrons pas trop les derniers avec la nuit, mais nous pouvons imaginer l’effervescence du lieu en pleine journée en été. Les quelques kilomètres que nous parcourons en vélo ne nous permettront pas vraiment de faire à nouveau de la place dans nos estomacs, mais nous voilà déjà chez Mehmet pour finir la soirée. Là, il nous sort une bouteille de Raki. Nous voilà à tous tester l’alcool local accompagné d’un jus de carottes fermentées. Kiki a eu beaucoup de mal à finir le premier, alors ne parlons pas du deuxième qui était très loin du goût ultime pour ses papilles. Sur la table, Mehmet nous avait sorti tout ce qu’il avait pu acheter au supermarché, pour que nous puissions nous restaurer. Mais à cette heure-ci, et après tout ce que nous avions déjà avalé, il était dur de faire honneur à la table devant nous. Nous picorerons ici et là, sans pouvoir tout finir. Pour accompagner le Raki principalement qui pouvait laisser un goût assez spécial dans la bouche. Un puis deux autres amis de Mehmet arriveront un peu plus tard dans la nuit, l’un, Mehmet aussi, commencera à nous jouer quelques morceaux de guitare. Il est plus de 1h30, nous partons avec Ismaël chez lui pour nous coucher. La nuit allait être courte, car nous avions rendez-vous à 9h30 le lendemain matin.


Data depuis le début de notre tour du monde en vélo

  • Budget : 2 765,77LT
  • Kilomètres parcourus : 653,88
  • Temps de déplacement : 2j00h13m47s
  • Altitude : 4449+ / 4293-
  • Calories dépensées par personne : 21079

 

Par | 2017-09-15T15:41:30+00:00 mai 1st, 2017|Turquie|1 Comment

Un commentaire

  1. Ernandorena Jean Jacques 2 mai 2017 à 7 h 57 min - Répondre

    Bonjour à tous les 2,
    Encore de belles rencontres et de beaux endroits
    J’aime bien le timming de votre voyage. Pas de stress:on prend le temps
    Bon courage
    Jean Jacques

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