Journal de bord – 037

Jour 139 / 140 / 141 – Khorog à Bibi Fatima

Après plusieurs jours de repos, la reprise est consommée rapidement. Les dernières bricoles dans les sacs, une dernière vérification des vélos, tout semble en ordre. La Wakham nous attend. Nous la savons bien ténébreuse, une route difficile aux paysages de rêve. Le challenge n’en est que plus beau. C’est sans notre troisième compère Baris que nous prenons la route, ce dernier souhaitant se reposer encore un peu. Il nous rattrapera bien assez vite. Alors nous reprenons nos habitudes, surtout les mauvaises. Celle de ne pas faire assez de réserves d’eau par exemple après le déjeuner pour pouvoir camper où bon nous semble. Résultat, nous tirons jusqu’à Iskashim à plus d’une centaine de kilomètres pour y arriver à la nuit tombée. En chemin, deux sources d’eau chaude nous avaient été conseillées. La première étant à plus de 7km de la route principale dans une splendide montée, nous la laissons de côté pour nous arrêter à la deuxième qui borde la route. Vélos garés à côté des voitures, serviettes et maillots en main, un homme nous conduit vers deux petits bâtiments. Kiki d’un côté, Kikinette de l’autre. On ne mélange pas tout ici. Et nous comprenons vite pourquoi. A l’intérieur, point besoin de maillot, une simple tenue d’Adam et Eve fait l’affaire. Alors nous voilà chacun de notre côté, à « barboter » dans un petit carré d’eau chaude. Kikinette aura le droit à la conversation avec toutes les femmes et enfants présents pour passer l’heure dans la source. Pour Kiki en revanche, personne ne parlant anglais, il n’aura le droit qu’aux questions de base avant que chacun reprenne ses discussions. Dans les sources, tout le monde se côtoie, enfants comme adulte, tous les âges y sont représentés. Ici, l’eau s’écoule d’un petit tuyau, et il est de coutume d’y plonger la tête dedans et d’ouvrir les yeux pour se purifier. Kiki n’aura pas le droit de quitter la pièce avant de l’avoir fait à deux reprises devant ce qui semble être le gardien. Kikinette elle prétextera avoir des lentilles pour ne pas avoir besoin de le faire. Douce sensation. Et pour certains, quand le temps est écoulé, ils reviennent avec des bouteilles vides pour les remplir à la source. Intéressant

L’effervescence que nous avions pu ressentir en traversant les villages de la route du Nord semble s’être dissipée. Un certain calme règne dans les quelques villages que nous franchissons. Les enfants ne sont plus dehors à jouer tout le temps ou à nous attendre pour nous tendre la main. Ils sont beaucoup plus rares, mais lorsque nous en croisons, ils ont toujours ce grand sourire en nous voyant. Cette ambiance ne nous déplait pas plus que ça, surtout si cela nous évite d’avoir du matin au soir les mêmes questions par centaine. La vie quotidienne semble plus paisible ici, comme celle que nous pouvons voir de l’autre côté du fleuve. L’Afghanistan semble s’être épanouie en quelques kilomètres. Les paysages sont sublimés. L’étroitesse du territoire où nous pouvions voir la population afghane jusque-là a disparu pour laisser place à de plus grandes étendues… toujours entre rivière et montagne. La végétation s’est épaissie, la diversité s’est accrue, et nous pouvons rester des heures à contempler ce « nouveau » pays. Mais les montagnes restent ce qui nous fascine toujours le plus. Comme des enfants, nous les comptons, nous les classons, nous scrutons les différences de coupe et la dureté des lignes. Si il s’agit bien d’une immense chaîne montagneuse, il semblerait que chacune ait sa propre vie. Une seule ligne les relie toute. Un petit chemin de terre qui sillonne la Wakham afghane, où de très rares véhicules l’arpentent.

Notre route nous emmène vers Bibi Fatima, un autre site remarquable pour ses sources d’eau chaude. Le plan était de camper quelques kilomètres avant pour pouvoir en profiter le lendemain. Nous venions de terminer un excellent déjeuner en compagnie de Patrick et Murielle, deux français à la retraite, qui sont partis pour rejoindre la Mongolie avant de rentrer au pays à l’aide de leur voiture. Trois heures, c’était pour nous un retour aux sources, comme si nous avions respecté la tradition de la table française avec tous les plats et toutes les bonnes discussions qui vont avec. Point de fromage et de vin au menu, mais un bon repas avec ceux qui allaient devenir notre fil rouge tout le long de la Pamir. Avançant à la même allure que nous, nous les croisons quasi quotidiennement pendant les deux semaines suivantes. Alors quand nous reprenons la route, c’est surement le poids du repas qui provoqua l’irréparable. Le dérailleur arrière de Kikinette lâche sans prévenir alors que nous allions bientôt camper. Comme ça, dans une montée toute simple. Il décide de s’en aller au paradis des pièces usagées de vélo. Et nous voilà à le pleurer, se disant qu’il allait être impossible de le remplacer. Un rapide message pour prévenir le groupe de cyclistes évoluant sur la Pamir, et c’est Véro qui vient alors à notre rescousse. Après plusieurs essais infructueux pour raccourcir la chaine, Kiki laisse tomber, et Kikinette hèle alors une voiture. Une négociation plus tard, nous chargeons les vélos sur le toit et embarquons dans le 4×4.

Une vingtaine de kilomètres plus loin, et deux arrêts pour arroser copieusement le moteur, nous arrivons à Bibi Fatima… avec une nuit d’avance à notre grand désarroi. Le temps d’un repas pour reprendre quelques forces, nous discutons et tombons d’accord. Chacun de nous continuera de son côté jusqu’à Murghab, Kikinette en taxi, Kiki en vélo, pour ne pas s’empêcher de finir la Wakham. Mais ce léger incident technique n’allait pas nous empêcher de profiter de Bibi Fatima le lendemain. Une petite journée de pause pour se ressourcer et se préparer à la suite. Alors le petit-déjeuner avalé, nous attaquons l’ascension pour la source chaude qui se trouve sept kilomètres plus haut. Une grosse heure plus tard, nous voilà de nouveau séparé, chacun dans son bain. La seule différence, la température. Nous ne pensions pas l’eau si chaude. Alors nous nous sommes avancés dans le bain confiant, et ce n’est qu’une fois le pied dedans que nous avons réalisé l’énorme différence. Mais comme nous avions du « public », il fallait y aller d’un coup. A la différence de la précédente source, ici l’eau coulait à travers une paroi rocheuse. Kiki n’y restera qu’une quinzaine de minutes avant d’abandonner face à la chaleur. Kikinette en profitera un peu plus longtemps avant elle aussi de quitter la source devenue bien bien trop chaude. Le temps de retourner à notre homestay, nous faisons un détour par les ruines encore bien conservées d’un ancien château. En bas, deux autres cyclistes arriveront pour diner avec nous et nous raconter ce qui allait être nos prochaines étapes.

Jour 142 / 143 / 144 / 145 – Bibi Fatima à Murghab

Entre ces deux villes, deux histoires vont avoir lieu. Quatre jours dans le voyage qui vont nous marquer chacun à différents niveaux. Kikinette va prendre un taxi pour rejoindre Murghab. Kiki va partir de son côté finir la Wakham en vélo. Nous aurons le temps devant nous, attendant nos pièces de rechange. Véro a fait démonter son deuxième vélo pour nous envoyer un dérailleur et une chaine de rechange. Marc, un autre cycliste va les convoyer avec lui jusqu’à Khorog où il trouvera un taxi à son tour pour nous amener les pièces jusqu’à notre hostel. Une véritable chaine humaine qui nous sauvera pour la deuxième fois depuis que nous nous sommes engagés sur les routes du Tadjikistan.

Jour 146 / 147 / 148 / 149 / 150 – Murghab à Karakul

Depuis que nous sommes sur le plateau de la Pamir, nous avons une impression étrange. Celle d’oublier que nous nous trouvons à une haute altitude et que tous les sommets qui nous entourent sont des 5000 ou 6000m. De là où nous sommes, les montagnes semblent bien petites, et pourtant nous côtoyons des pics toujours plus hauts, souvent enneigés, qui n’appellent qu’à les gravir pour voir ce qui s’y trouve de l’autre côté. Une autre impression qui nous tient est celle concernant les villes. Toutes semblent être des villes fantômes quand nous nous y aventurons. Des petites maisons blanches en terre, sans étage, avec seulement une ou deux fenêtres, possédant une cour intérieure séparée par un petit mur. Rien ne semble s’en défaire. Chacune assez espacée de la suivante. Au milieu du village, un puit. Et personne dans les rues. Nous nous sentons bien seuls quand nous nous y arrêtons. C’était le cas pour Alichur et Karakul. Les seules personnes dehors semblant être les touristes, cyclistes ou bagpackers, qui s’arrêtent pour la nuit. La ville de Murghab se détache un peu de cette impression grâce à son bazar. Ici, les containers servent de boutiques, formant une allée d’où les denrées alimentaires et autres produits textiles s’exposent de part et d’autre. La vie de toute la ville semble se concentrer dans cette rue, en dehors, elles semblent toutes concentrées à l’hostel où nous résidons.

Les deux jours qui suivirent l’arrivée à Murghab furent consacrés au plus grand repos. Kiki ayant trop forcé pendant son épisode solitaire en vélo, il lui fallait reprendre des forces. Et en grande quantité. Alors pour lui, outre les longues nuits et siestes par intermittence, il fallait manger en abondance. Les réserves de plov du restaurant y passèrent, ainsi qu’une bonne dose de gâteaux en tout genre. Mais rien n’y faisait, Kiki demeurait faible sans vraiment réussir à se remettre sur pied. L’altitude commençait à jouer son œuvre. Etre à plus de 4000m depuis plusieurs jours maintenant se faisait ressentir sur l’organisme. Outre les difficultés à dormir, les maux de tête et de ventre s’accentuaient, et avec eux respirer devenait une tâche de plus en plus dure. Alors, quand les pièces de rechange arrivèrent, Kikinette s’essaya seule à remonter son vélo. Si installer le dérailleur et la chaine pouvaient être chose plutôt aisée, pouvoir régler le dérailleur en était une autre. Le système étant bien complexe (même pour un vélo), nous avons eu la chance qu’un groupe d’une vingtaine de cyclistes hollandais arrive dans notre hostel le même jour. Ils effectuaient un tour de la Pamir avec l’aide d’un camion ravitaillement qui transportait toutes leurs affaires. Et dans le lot, une des personnes était mécanicien. Alors pendant une bonne heure, le voilà à régler et vérifier le vélo de Kikinette. Une fois ce dernier opérationnel, nous pouvions partir. Nous serions bien restés une nuit de plus à nous reposer sur les matelas bien durs de nos chambres, mais pour faire de la place pour des réservations, nous avons été gentiment poussés dehors. Le gérant nous a bien proposé les yourtes à prix discount, mais nous avons décliné l’offre. Le procédé ne nous ayant pas plu. Il faut dire que vers 10h00, un autre cycliste s’est vu installer dans notre chambre de quatre, puis deux heures plus tard, le gérant nous annonce à tous que nous devons libérer la chambre. Incompréhensible et peu professionnel surtout quand cela fait plusieurs nuits que nous étions là. Qu’importe, nous roulerons une trentaine de kilomètres ce soir-là pour camper en plein milieu des montagnes avec Baris qui nous avait rejoint.

La journée suivante fut la plus éprouvante de tout notre voyage. Si la Wakham avait été difficile à sa manière, nous ne nous attendions pas à ce que le passage du col à plus de 4600m nous oppose autant de résistance. Les premiers 45km s’apparentèrent à une petite balade au milieu des montagnes, avec un dénivelé régulier mais supportable. Nous montions continuellement, sans jamais nous poser de questions. Mais les trois derniers kilomètres furent un cauchemar sans nom. La pluie commençait à tomber par intermittence, un vent violent nous repoussait en arrière, et le pourcentage de la côte était passé en quelques mètres d’un petit 5 à 7% à un beau 12% et plus si affinité. Il nous était impossible d’avancer. Alors nous voilà pendant presque deux heures à pousser nos vélos, nous arrêtant tous les deux cent mètres pour reprendre notre souffle et pour maudire cette fin d’ascension. Nous aurions largement préféré un dénivelé plus important avant que devoir affronter ces conditions sur la fin. Quand enfin le col se découvrit, nous nous posèrent un moment pour savourer l’effort accompli. Nous voilà à 4662m. Notre plus haut passage en vélo. Nous en avions bavé, mais nous étions là enfin. Nous pensions être au bout de nos surprises. Pauvres fous que nous sommes. Derrière, une trentaine de kilomètres d’une route affreuse déroulait le tapis pour nous. Un tapis composé de taule ondulée uniquement. Impossible d’avoir une bande plate pour ne pas trembler constamment avec les bosses. Le vent, lui, avait décidé de continuer pour le reste de notre journée de nous gifler abondamment le visage. La pluie, elle, se rappelait à nous dès que nous pensions ne plus grelotter. Et quand enfin nous pensions arriver à notre point de chute pour la nuit, le caravansérail devant nous servir d’abri pour la nuit n’était pas là où nous l’avions marqué. Alors nous voilà à pousser sur encore plus d’une vingtaine de kilomètres, recherchant désespérément de l’eau. Mais aucune petite rivière potable en vue, seules des rivières boueuses nous donnaient le change. C’est quand le soleil disparu derrière les crêtes, que, complètement exténués, nous décidons de poser la tente et de nous endormir le ventre vide.

Au petit matin, nous plions bagages pour faire la vingtaine de kilomètres nous séparant de Karakul, dernier petit village avant la frontière. Ce dernier se trouve en bordure d’un immense lac du même nom. Partout où nous pouvions regarder, une immense étendue d’eau d’un bleu pétillant reflétait les nuages et les montagnes qui l’entouraient. Nous pouvions voir au loin la route que nous allions prendre pour quitter le pays, mais c’est dans les rues désertes de Karakul que nous déambulons un moment, avant de trouver une homestay pour la nuit. Nous étions seuls au monde à notre arrivée, mais cela ne dura que quelques heures, avant que le groupe de cyclistes hollandais arrive, et qu’un groupe de trois bagpackeuses ne se posent pour la nuit au même endroit. Nous pouvions enfin nous reposer un moment avant de penser à la suite.

Jour 151 – Karakul à Osh

Au petit matin, la sentence tomba. Kiki n’était plus en état de rouler. Les deux derniers jours avaient achevé complètement son physique comme une partie de son moral. Etre malade à répétition et ne pas réussir à retrouver un semblant de force n’allait pas l’aider à remonter encore et encore sur le vélo, surtout avec les dénivelés qui restaient encore à faire pour rejoindre Osh. Alors Kikinette commença à prospecter pour trouver un taxi pouvant nous faire redescendre « rapidement ». Le temps de négocier le prix du véhicule, et notre homme était tout trouvé. Il allait arriver de Murghab quelques heures plus tard. Sur les coups de midi, nous chargeons tout, prenons un dernier repas avec toute la famille, puis nous voilà sur la route.

C’est avec une certaine mélancolie que nous laissons derrière nous la Pamir et le Tadjikistan. Et aussi avec un goût d’inachevé, comme si nous n’avions pas été capable d’aller au bout, arrêtant net à une longueur de brasse de l’arrivée. Mais dans la déception, nous avons aussi été soulagés d’une certaine manière en voyant la route qui s’avançait devant nous. Il était certain que dans les conditions physiques où nous nous trouvions, le trajet jusqu’à Osh aurait été très, très long. Là, en sept heures, nous avons pu boucler les quelques 300km au programme. Le plus long aura été le passage de frontières. Côté tadjik, il nous a fallu presque une heure pour passer le petit poste frontière perdu en plein milieu des montagnes. Nous nous rendons alors compte comme il est plus long de passer en voiture qu’en vélo les frontières. Là, nous n’avons rien eu à faire, notre chauffeur s’occupant de tout avec les autorités. Un petit plus bien agréable. Tout comme le hasard faisant bien son œuvre, au moment de passer, nous croisons Omar qui arrive seulement au Tadjikistan avec une autre voiture. Le temps d’échanger rapidement, nous nous disons peut-être à dans quelques mois au Japon où nos chemins pourraient se recroiser. La petite barrière se lève enfin. Derrière, une vingtaine de kilomètres de no man’s land. Une descente sans fin à travers les montagnes sur une route encore plus déplorable que ce que nous avions pu voir. Et enfin, au bout de la vallée, le poste frontière kirghiz se montre. Le temps de patienter, nous voyons arriver derrière nous Patrick et Murielle dans leur voiture. Alors là aussi nous descendons un moment discuter avec eux avant qu’un garde nous fasse signe de venir. Ce dernier commence à nous parler de la France, de Depardieu, de Zidane, de Chirac, avant d’enfin nous laisser tamponner nos passeports avec leur cachet. Nous y voilà, nous sommes dans notre neuvième pays.

La route change alors du tout au tout. Un asphalte magnifique nous amènera jusqu’à Osh. Mais nous ne roulerons pas vite pour autant, notre chauffeur plafonnant à 60/70km/h même sur les longues lignes droites. Alors nous prenons notre mal en patience. Une chose assez difficile quand pendant pratiquement tout le trajet la radio ne semble vouloir diffuser que des prières et autres rhétoriques religieuses. Une voix monotone qui semble parfois s’affoler avant de revenir à la normale. Nous ne comprenons pas un traite mot de ce qu’il dit, mais avoir pendant six heures une même voix d’homme lire quelque chose d’abstrait pour nous, cela devenait compliqué. Tout avait bien commencé pourtant quand notre chauffeur nous avait mis de la musique locale plutôt bonne en partant. Mais tout a basculé pour une raison inconnue sur cette chaine de radio qui ne semblait pas connaitre de vraies musiques. Dommage pour nous. Nous nous questionnerons pendant tout le trajet pour se demander si notre chauffeur écoutait vraiment la radio, ou si il s’en servait de fond sonore pour avoir de l’ambiance. Et quelle ambiance ! Heureusement, notre chauffeur était plus que gentil, et nous pouvions nous arrêter assez régulièrement si nous le souhaitions. Un bien pour un mal.

Puis voilà les lumières d’Osh. Au loin nous pouvions voir la montagne sacrée qui nous montrait le chemin. Nous y étions enfin, après un long périple en voiture. Nous pouvions poser nos affaires dans la guesthouse. Nous pouvions souffler et penser à nous reposer pour les jours à venir.


Data depuis le début

  • Kilomètres parcourus : 5 813,30
  • Temps de déplacement : 374h17m49s
  • Altitude : 44 758+ / 41 256-
  • Calories dépensées par personne : 183 132

 

Par | 2017-08-17T03:02:47+00:00 août 19th, 2017|Tadjikistan|1 Comment

Un commentaire

  1. Jean Jacques Ernandorena 20 août 2017 à 11 h 32 min - Répondre

    Bonjour à tous les 2,

    Remets toi bien kiki, reprends bien des forces
    Bon courage
    Jean Jacques

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