Journal de bord – 049


Jour 203 –  Kikuma / Imabari

Taka-san est un homme qui se lève tôt. Très tôt pour nous, même pour Kiki. Alors quand il nous attend dans la cuisine depuis un moment, nous pensons qu’il allait partir et nous laisser là. Mais non, juste une mécompréhension de la langue. Il nous attendait bien, et le temps de finir le repas le plus important de la journée, nous voilà en voiture avec lui. Le soleil est resplendissant au dehors, alors nous n’avons pas oublié sa proposition d’aller à la plage aujourd’hui. Les maillots sont en place, prêt à l’emploi. Il faut dire qu’ils n’ont que très peu servi depuis le début du voyage. Alors une occasion comme celle-là, fin septembre au Japon, impossible de la louper. Surtout pour Kikinette qui sera la première à se jeter dans l’eau, sous l’œil de notre Tortue Géniale. Oui, notre cher Taka-san nous fait penser à l’un des personnages de Dragonball, à de multiples égards. Il est attachant, il est poli, il est cultivé, il a envie de partager énormément de chose, et il a un penchant assez « réservé » pour la gente féminine. Rien de bien méchant, ni de vulgaire, mais heureusement que nous ne sommes pas en couple et que Kiki soit en mode jaloux, sinon, les quelques photos prises uniquement avec Kikinette et lui auraient de quoi lui faire bouillir la tête. Nous nous en amusons, il n’y a rien de grave, Kiki aura le droit d’être parfois sur les photos, alors tout rentre dans l’ordre.

Le sac sur les épaules, nous pensions partir en vélo. Que nenni. Taka-san va nous emmener pour une virée en voiture pendant toute la journée pour nous faire découvrir toute la région d’Imabari. De 10h00 à 19h00. Un programme qui nous a offert la chance d’essayer et de découvrir toutes les joies que recèle la région. En voiture Simone, c’est Taka-san qui conduit. Et Taka-san a surement de vieux restes de pilote dans le sang. Heureusement qu’il est au Japon, sinon sur les routes du Tadjikistan ou du Kirghizistan, il s’amuserait encore plus. Peut-être une réincarnation d’un ancien chauffeur de taxi de ces pays, qui sait. Premier stop, une plage à quelques kilomètres de chez lui. Un petit bout de plage au calme de tout, du sable fin, et une eau (presque) transparente. Nous sommes les seuls en ce matin à en profiter. Les japonais comme il nous l’apprend, ne s’aventurent presque plus à la plage en cette saison, l’eau étant trop froide pour eux. Pour nous, elle est à parfaite température. Nous nous y jetons sans hésiter et nageons quelques longueurs. Puis nous voilà à nous amuser avec l’appareil photo de Taka-san qui permet de prendre des photos sous l’eau. Nous lui remplissons un peu sa carte mémoire, avant de partir nous dorer la pilule un instant. Au loin, deux visions totalement différentes s’opposent. A droite, une presqu’ile tout de vert vêtu. A gauche, un port avec deux énormes porte-containers à quai. Derrière nous, un magnifique spot de camping à deux pas de la plage. Nous y croisons une famille seulement. Et comme en Corée du Sud, les japonais aussi ne rigolent pas quand ils font du camping. Ils viennent avec toute la maison et s’installent sur la moitié de la pelouse avec un coin pour dormir, un coin pour se détendre et un coin pour manger sous une immense toile. Nous nous sentons bien ridicules avec notre petite tente deux places. Mais nous relativisons en nous disant qu’elle est plus pratique sur le vélo !

A peine terminons nous de profiter du premier spot de plage assez superbe, que Taka-san décide de nous emmener un peu plus loin, dans une sorte de crique avec une vue complète sur l’archipel nous ayant amené jusqu’à Shikoku. Là aussi, du sable bien fin. Et là aussi de l’eau parfaite pour Kikinette qui sera la seule à s’y amuser. Puis nous faisons une petite balade le long de la côte, y découvrons plusieurs pêcheurs, et entamons alors la conversation pour savoir ce qu’ils pêchent ici si près du bord. A l’intérieur de leur besace, des bébés pieuvres. Nous pouvons voir leur encre noire un peu partout sur le rebord du mur. Taka-san nous explique alors qu’il y a deux mois de cela, il s’agissait de la période de reproduction, et que les pêcheurs pouvaient remonter des énormes pieuvres à ce moment. Maintenant, ils doivent se contenter des progénitures de l’été. Retour en voiture après ce cours sur la biologie marine. Cette fois, Taka-san veut nous montrer un belvédère ayant une vue magnifique lui aussi sur le dernier pont reliant Shikoku aux autres petites îles. Après un rapide tour dans un micro musée nous apprenant comment les ponts ont été assemblés, Taka-san nous offre deux sortes de brioche qui sont des spécialités locales. Nous croquons dedans. Effet inverse, Kikinette n’aimant pas quand Kiki s’en délecte avec appétit.

Il faut dire qu’à gambader comme ça un peu partout, la faim apparait. Mais avant de nous emmener dans un restaurant traditionnel qu’il connait, il veut nous apprendre quelques astuces utiles pour notre séjour au Japon. Surtout celui pour économiser un peu d’argent grâce aux magasins « Tout à 100 yens ». Jamais nous n’aurions pensé pouvoir trouver dedans de la nourriture. Alors nous faisons quelques réserves, et en profitons pour acheter deux ou trois autres articles qui nous accompagnerons eux aussi. Les emplettes dans la voiture, nous voilà à nous attabler. Chaussures enlevées, nous croisons les jambes sur nos moelleux coussins. Là, nous retrouvons comme en Corée du Sud une multitude de plats accompagnant de la viande ou du poisson, en fonction que cela soit Kiki ou Kikinette. Mais à la différence de son voisin, ici au Japon, il n’est pas possible de recommander à volonté les petits plats d’accompagnement. Mais une seule tournée nous suffira amplement pour contenter notre faim.

C’est dans l’après-midi que Taka-san va alors nous initier au pèlerinage des 88 temples. Nous en visiterons un premier où il nous montrera les différents rites à suivre. Ensemble, nous déposerons une bougie chacun devant chaque temple avant de bruler trois bâtons d’encens. Il est de coutume aussi de réciter un long mantra à voix haute à plusieurs reprises avant de s’incliner en direction de Bouddha et de lancer une pièce dans une grande boite à l’entrée du temple. Nous écoutons attentivement, tout en nous disant que nous adapterons notre pèlerinage à nos souhaits personnels pour être en accord avec nos convictions. Puis nous le suivons jusqu’à l’office du temple où se trouve un moine. Là, Taka-san donne à Kikinette son carnet de pèlerin pour qu’elle le tende au moine afin qu’il y appose « la signature » du temple. Nous tombons sur l’un des rares moines parlant anglais. Alors nous discutons un peu, et restons admiratifs quand il commence alors son œuvre pour sublimer le carnet. Puis, juste après avoir tendu en retour le carnet à Kikinette, il prend un petit bout de bois pour commencer à y écrire dessus aussi. Quand il nous demandera nos prénoms respectifs, nous comprenons qu’il s’agit d’un présent pour nous et que ce dernier nous accompagnera pendant notre aventure désormais. Nous sommes bien heureux d’avoir eu ce cadeau, surtout quand Taka-san nous apprend que les moines ne le font que très rarement.

De là, nous partirons alors faire une « tournée » des temples qui se trouvent autour d’Imabari. Au premier (Taisan-ji), Kiki décide d’acheter un carnet pour commencer le pèlerinage et avoir un premier tampon. Au deuxième (Eifuku-ji), nous achetons la « veste » blanche du pèlerin avec les inscriptions bouddhistes. Au troisième (Senyu-ji), nous grimpons une centaine de marche dans la tenue de pèlerin et y recevons notre troisième signature. A chaque fois, nous y faisons des rencontres. A chaque fois, de nombreux pèlerins sont présents pour eux aussi réaliser le parcours des 88 temples de Shikoku. Certains le font à pied, d’autres en voiture, puis pour les plus âgés c’est en bus entier qu’ils se déplacent pour pouvoir prier eux aussi. Des moments assez fort. Des moments de calme absolu. Des moments de plénitude. Nous sommes prêts à la suite de notre journée avec Taka-san. Ce dernier nous emmène alors dans la montagne. Direction un onsen. Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Là, nous pénétrons dans une première salle avec un bain très (très) chaud. Juste à côté, une baignoire d’eau froide et un sauna. Derrière la porte à l’extérieur, un autre petit carré d’eau chaude avec une vue sur la rivière qui s’écoule en dessous et une vue uniquement sur les arbres. Un havre de paix et de relaxation pour se détendre entièrement. Une longue heure et demie à profiter ainsi du spectacle extérieur tout en alternant les différents bains.

 

Pour conclure la journée, Taka-san a sûrement fait le plus beau cadeau pour Kikinette. L’emmener au bord d’une autre plage pour admirer le coucher de soleil. Nous y arrivons au bon moment pour nous préparer et avoir de nombreux clichés. Aussi bien terrestre, qu’aérien. Kiki comme Kikinette s’amusent pendant un bon moment. Un autre malheureux n’aura pas la chance d’admirer comme il se doit ce moment parfait. Nous le voyons débouler de sa voiture avec son gros sac, se poser sur la plage, sortir son drone, le lancer… pour que le soleil se couche au loin. Dommage pour lui. Cela arrive, et il faut vraiment être sûr de ne pas être en retard, le soleil lui n’attend pas. Des images plein la tête, nous partons faire quelques courses au supermarché pour faire un petit repas à la maison. Une dernière soirée à partager quelques bières avec Taka-san pour conclure cette magnifique journée.

Jour 204 –  Kikuma à Kuma-Kougen

Agréable est toujours le réveil après une excellente journée passée. Et encore plus quand nous savons devant nous une nouvelle étape qui s’engage pour nous avec le pèlerinage des 88 temples de Shikoku. Chaque bonne rencontre ayant hélas une fin, nous quittons Taka-san, sa petite maison et ses deux chiens sur le balcon pour remonter sur les vélos. Il nous accompagnera en voiture un peu plus loin pour nous faire arrêter devant une petite cabane en bois. Là, une table avec dessus beaucoup d’objets divers et variés. Taka-san nous montre le carnet, nous dit d’y écrire la date et un mot avec nos noms à l’intérieur, puis de choisir l’un des présents sur la table pour l’emmener avec nous. Il s’agit de porte bonheur et de protections dans notre pèlerinage et notre vie à venir. C’est là que nous le quittons alors, le remerciant pour toute sa gentillesse et générosité à partager avec nous autant de bons moments.

Pour nous, Matsuyama est en vue. Une trentaine de kilomètres et un premier temple visité (Enmyō-ji), nous arrivons au cœur de la ville où se trouve son château. Un parking trouvé, nous adossons nos vélos contre un arbre, et les laissons là. L’ascension de la colline est interdite aux vélos. Et même si nous voulions braver les interdits, les marches elles nous en empêcheraient tout bonnement. Un nombre indéterminé de marches plus tard, l’imposante entrée du château de Matsuyama nous pousse à la contempler avant de la traverser. Sur le côté, quelques enfants sont assis, en train de dessiner. Nous n’y faisons pas très attention à ce moment-là. Puis quand nous arrivons sur la place principale, devant le château en lui-même, nous comprenons qu’en fait, les classes de la ville viennent ici (en grand nombre) pour que les enfants puissent dessiner librement en s’inspirant des paysages. Un jeune garçon, une dizaine d’années probablement, attire notre attention. Sa planche est une reproduction excellente du château de Matsuyama. Nous sommes bluffés par son talent. Nous sommes définitivement bien au pays des mangas et animés. Le dessin semble être une raison d’être et de s’épanouir. Toutes les planches que nous regardons derrière l’épaule de ses jeunes artistes nous impressionnent. Nous repensons alors à nos cours de dessin, dans une classe normale, a devoir tenter d’exprimer une émotion ou un objet sans pour autant avoir l’envie de le faire. Si nous avions eu des classes de dessin à l’extérieur comme ici au Japon, nous pensons que nous aurions pu être beaucoup plus intéressés par cette matière.

Alors que nous sommes en admiration devant ces jeunes, un japonais commence à nous expliquer pourquoi ils sont là et ce qu’ils font. Nous entamons la discussion, et nos habits de cycliste l’interpellent. Nous parlons un moment avec lui, avant de nous diriger vers l’entrée du château. Le prix affiché nous pousse à faire demi-tour et à le contempler de l’extérieur uniquement. Nous devons choisir nos visites, sous peine de voir notre budget dilapidé trop rapidement. C’est à ce moment que le même homme revient nous voir pour continuer de discuter ensemble. Il nous demande si nous avons le temps de prendre une glace avec lui. Comment Kiki pourrait refuser une telle invitation. Nous voilà à l’ombre, assis tous les trois à une table, à profiter d’une glace bien fraiche en cette chaleur, tout en discutant. Lui a plus de 70 ans, il travaille à mi-temps, ce qui lui laisse le temps de venir très régulièrement jusqu’au château. Il nous montre un papier avec dessus une vingtaine de tampon pour signifier ses vingt ascensions de la colline. Une sorte de challenge initiée par la ville pour que ses concitoyens restent en pleine forme. En voilà une bonne idée. Notre nouvel ami nous apprend alors qu’il a commencé voilà seulement quinze ans à apprendre tout seul l’anglais, et qu’il profite maintenant de ses venues régulières au château pour parler avec les touristes. La meilleure façon d’apprendre au final. Nous sommes bien heureux de faire une telle rencontre, alors nous restons un moment à table. Quand nous lui expliquons que nous réalisons le pèlerinage des 88 temples, il nous dit alors qu’il se rend lui aussi dans la journée vers notre objectif de la journée, le temple Iwaya-ji, qui se trouve tout en haut de la montagne. Nous nous disons en rigolant « peut-être à tout à l’heure alors ». Lui y allant en moto, et nous en vélo, il aurait largement le temps d’aller et venir avant même que nous n’entamions l’ascension. Mais c’est en fin de journée, alors que nous arrivions à peine à Kuma-Kougen, que nous le recroisons, lui en moto à nous klaxonner avant de faire demi-tour sur le parking d’un supermarché pour nous attendre. Une bonne surprise pour terminer notre journée.

Entre temps, l’heure affichait déjà midi passée. Alors nous bifurquons pour nous arrêter une bonne heure dans un 7eleven comme à l’accoutumé. Matsuyama étant sur le chemin de Kōbō-Daishi, plusieurs temples se trouvaient sur ses terres. Alors après s’être bien restaurés, nous décidons de passer par trois nouveaux temples (Jōdo-ji, Jōruri-ji, Yasaka-ji). A chaque fois, le même rituel pour nous. D’abord, passer par la porte principale. Ensuite, se laver les mains dans la source d’eau. Puis, se rendre devant le temple principal pour y prier. Par la suite, nous visitons l’ensemble du complexe. Enfin, nous terminons par l’office pour y rencontrer un moine qui appose alors sur notre carnet le « tampon » du temple. A chaque fois, nous restons admiratifs devant l’agilité et la dextérité de leur main qui semble s’animer toute seule pour écrire avec la plume. Un rituel simple que nous avons décidé de mettre en place. Ce dernier s’éloigne un peu de ce qu’un bouddhiste « devrait » faire lors de son pèlerinage, à savoir poser des bougies et de l’encens, réciter à haute voix des mantras, et faire des offrandes au temple. Mais n’étant nullement bouddhistes, nous pensons que l’important n’est pas dans le respect strict et unique d’une manière de faire un pèlerinage, mais plutôt dans la façon d’envisager son pèlerinage comme un voyage où nous devons travailler sur nous-même pour nous améliorer un peu plus chaque jour. Une philosophie de vie qui nous convient davantage.

Quand Matsuyama est alors derrière nous, devant, c’est une ascension de 720m qui nous fait face. Mais comme nous sommes au Japon, pour gravir cette montagne, nous ne dépasserons rarement les 5% de dénivelé positif. Un petit plaisir de grimpeur comme nous pouvons les aimer. Ou tout du moins Kiki. Mais Kikinette ne sera pas mécontente de son côté que l’ascension soit aussi « douce », quoi que difficile au final compte tenu du nombre de kilomètres à gravir pour arriver au sommet. Mais une fois en haut, la délivrance. Et surtout une belle descente pour arriver à l’office de tourisme de Kuma-Kougen. Il est presque 17h00, impossible d’aller jusqu’au temple Daihō-ji, alors nous demandons conseils pour savoir où nous pourrions dormir pour la nuit. Nous pensions trouver facilement un hébergement en ville, mais l’hôtesse commence alors à appeler un par un la dizaine de lieux pour se voir dire que tout est complet. C’est alors qu’elle reçoit un appel de l’un d’eux qui lui dit qu’ils ont de la place. Elle nous montre sur la carte, c’est à quelques kilomètres, avec une belle petite ascension pour terminer la journée. N’ayant plus trop le choix, nous acceptons, et remontons rapidement sur les vélos. La nuit est bientôt là, et nous ne voulons pas être derrière elle dans les routes de montagne. Là, surprise quand nous arrivons à l’endroit prévu. Nous pensions avoir vu un prix à l’office de tourisme, il manquait un zéro au final à ce dernier. D’un tout petit prix, nous voilà avec une addition un peu plus salée. Mais il est trop tard pour se retourner. Nous acceptons. C’est en visitant la maison que l’on nous propose que nous comprenons mieux le prix. En groupe, cela aurait l’endroit parfait pour passer un week-end et faire un anniversaire par exemple. Pour nous à deux, c’est un peu grand. Mais nous n’allons pas dire non à un peu de confort pour nous détendre. Après une longue journée, nous pouvons enfin souffler.

Jour 205 – Kuma-Kougen à Uchiko

Perdue au beau milieu des montagnes et de la forêt, la maison que nous avons loué pour la nuit est bien calme. Seul le vent dans les branches semble venir nous distraire. Nous dormons à point fermé. Surtout Kikinette qui aura le droit à sa grasse matinée. Kiki en profitera pour monter deux nouvelles vidéos avant qu’elle ne se réveille pour prendre le petit-déjeuner. Sur les coups de 10h00, la maison est aussi propre que quelques heures auparavant, tout a été remis en place, et nous voilà à déposer nos bagages à la réception. Le temple Iwaya-ji est à portée de quelques coups de pédales. Six petits kilomètres seulement, à alterner montée et descente. Sans charge, nous sommes comme des sprinteurs à l’arrivée d’une étape du Tour de France. Sans le dosage qui va avec bien entendu. Vélos attachés, nous avons encore un petit kilomètre à gravir dans la montagne avant d’atteindre Iwaya-ji. Là, nous croisons une dizaine d’autres pèlerins qui en redescendent. Tous étant arrêtés dans les échoppes qui bordent le petit chemin à acheter quelques souvenirs ou à boire une boisson chaude que propose l’une des dames. Nous regardons rapidement, en nous disant que nous nous arrêterons au retour pour prendre quelques articles aussi.

L’ascension du temple est raide. Et nous retrouvons les marches tant adorées par nos amis de la péninsule coréenne. Nous ne les comptons pas. Nous ne préférons pas. L’important étant d’aller jusqu’au bout de la voie. Alors nous grimpons. Le chemin se perd dans une forêt dense, aux immenses arbres protecteurs. Un havre de paix et de silence. Les statues bordent notre route, bienveillantes envers celui qui réalise ce pèlerinage. Puis nous tombons sur des « murs » entiers de petites statues, des centaines et des centaines. Toutes identique, toutes bien alignées, sur plusieurs rangées. Certaines se sont vues offrir un bonnet en laine, ou une écharpe, ou un collier. Des pièces sont parfois posées sur la tête. Puis quelques marches encore, et nous passons par la porte principale, imposante et implacable. D’autres marches nous attendent avant d’enfin pouvoir nous arrêter devant le temple principal. Des pèlerins sont présents, récitant les mantras et déposant bougies et encens. Nous, nous prions simplement, en silence. Chacun de nous ayant ses propres raisons de la faire. Le temps de faire le tour du complexe et d’admirer tous ses détails, nous repassons par l’office. Kiki sort alors son carnet pour le tendre au moine devant lui. Cette marque est importante. Nous avons gravi l’un des plus hauts temples de Shikoku. Nous sommes heureux après l’effort.

L’heure de la redescente sonne alors. Elle se fera alors sous la pluie qui commence lentement à s’imposer au-dessus de nos têtes. Avec nos chaussures de cyclistes, nous manquons à plusieurs reprises la chute gag, mais nous résistons à la tentation de toucher le sol de cette façon. Les étals sont à nouveau là. Kikinette craque pour un bracelet, Kiki pour un sticker, et tous les deux nous décidons de prendre une réplique miniature du chapeau de pèlerin que nous accrochons alors à nos sacoches de guidon. C’est sous une forte pluie que nous rebroussons chemin jusqu’à l’accueil du complexe hôtelier avant de nous y poser pendant une grosse heure. Nous profitons de leur gentillesse pour cuisiner sur l’une des tables extérieures, au lieu de terminer à le faire dans l’arrêt de bus que nous avions repéré un peu plus loin. Un bon plat de pâtes carbonara façon Japon, et nous reprenons la route. La chance avec nous puisque la pluie a complètement cessé. Elle reviendra par intermittence nous titiller pour nous pousser à mettre nos vestes, puis à les enlever cinq minutes plus tard, mais rien de plus.

A l’horizon, une cinquantaine de kilomètres pour atteindre une ville où nous devions trouver une aire de repos. La route, bien descendante, s’ouvrira facilement devant nous. L’heure du goûter sonne à peine que nous voilà sur le parking à la recherche d’un endroit où poser la tente. Pendant que Kiki regarde du côté du supermarché ce que nous pourrions manger le soir venu, Kikinette elle part explorer les environs pour revenir avec la pépite parfaite. Un pont à traverser, et nous voilà sous un immense abri de jardin, à deux pas des toilettes, isolés de la ville. L’emplacement rêvé pour nous. Le temps de monter la tente et de nous installer confortablement, de faire quelques achats dans les supermarchés de la ville, qu’une pluie diluvienne commence à tomber pendant plusieurs heures. Tout sourire d’être bien à l’abri, nous grignotons nos plats frais entourés par nos amis les araignées et les moustiques. Heureusement, la tente ne les laisse pas trop passer pour l’instant.

 


Data depuis le début

  • Kilomètres parcourus : 7 751,48
  • Temps de déplacement : 487h33m29s
  • Altitude : 57 683+ / 55 391-
  • Calories dépensées par personne : 239 463

 

Par | 2017-10-01T14:15:09+00:00 octobre 6th, 2017|Japon|1 Comment

Un commentaire

  1. Ernandorena Jean Jacques 6 octobre 2017 à 8 h 17 min - Répondre

    Bonjour à tous les 2,

    Que c’est beau ! et quelles belles rencontres:
    il reste encore quelques temples à visiter
    Bon courage
    Jean Jacques

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