Journal de bord – 052

Jour 213 – Nagao à île de Shodoshima

Pour notre dernière journée sur Shikoku, nous aurons le droit à la visite matinale d’une dame âgée, qui lorsque nous prenions notre petit-déjeuner sur le parking de l’aire de repos, est venue nous offrir un sac de mandarines. Un geste qui nous emplit de joie pour terminer notre pèlerinage de Shikoku. C’est le sourire aux lèvres que nous rangeons tout, saluons gentiment les dames rencontrées la veille qui ouvrent la boutique, et partons en même temps que le jeune pèlerin à vélo qui a dormi à la belle étoile sur un banc avec son sac de couchage. Il voyageait léger, nous voyageons l’esprit comblé. Notre route n’était pas bien longue ce matin-là. Une trentaine de kilomètres tout au plus pour nous rendre jusqu’au traversier qui devait nous amener sur notre « île étape » avant d’atteindre Himeji. En chemin, nous décidons de nous arrêter à deux temples, le 87 et 86, respectivement Nagaoji et Shidoji, pour ne pas quitter Shikoku sans avoir pu être pleinement satisfait de notre aventure. Si le premier était d’une taille normale, quand nous arrivons à Shidoji, nous découvrons un vaste complexe qui avait de quoi rivaliser avec le numéro 1 visité la veille. Nous arpentons ces petites allées de dalles et de terre, allant d’un temple à un autre, admirant les statues posées ici et là, priant une dernière fois et faisant apposer sur notre carnet notre ultime tampon (pour le moment). Le moine en charge ce matin-là est intrigué par Kiki, lui demandant si il est américain. Ici tout le monde pense que nous sommes américains. Mais nous lui répondons que nous sommes français voyageant à vélo. Il tend alors à Kiki un pin’s commémoratif des 1200 ans du pèlerinage. Un nouveau trésor à afficher sur la panière avant. Avant de partir, Kiki en profite pour acheter un lot de cartes postales à couper le souffle. Un bon moyen de partager avec nos proches ce pèlerinage.

Alors que nous allions repartir, un des moines s’occupant des jardins nous interpelle sous la grande porte. Il veut nous montrer quelque chose. Le voilà à nous amener à l’arrière des temples, là où nous n’aurions jamais pensé à regarder. Il nous ouvre alors une petite porte et nous enjoint de profiter de l’endroit autant que nous le souhaitons. Devant nous s’ouvre un jardin zen japonais réalisé à la perfection. Les lignes de gravier forment un ensemble unique et continu. Un travail qui a dû demander un nombre d’heures incalculable pour réaliser une telle œuvre. Nous en restons stupéfaits et ébahis par une telle prouesse. Le temps d’en prendre plein la vue, nous remercions le moine pour sa gentillesse à nous avoir fait découvrir ce lieu. Nous repartons alors vers la grande porte, portons un dernier regard sur le temple, et saluons une ultime fois avant de nous dire que le pèlerinage est réellement terminé pour ce voyage ci. Alors nous repartons, l’esprit beaucoup plus léger qu’avant notre arrivée sur Shikoku pour continuer notre périple japonais. Le ferry nous attendait. Ou alors nous avons eu une énorme chance cette fois encore. A peine arrivons-nous pour prendre nos billets, que le bateau était à quai, partant dix minutes plus tard.

Nous embarquons prestement, les vélos bien attachés dans la soute par les matelots, et nous découvrons le pont. Splendide. Digne des grands navires de croisière avec de confortables canapés. De quoi offrir à Kikinette la possibilité de faire une sieste pour la prochaine heure de la traversée. La terre ferme en vue, c’est surtout le 7elevens que Kiki remarque pour que nous puissions y faire notre pause déjeuner en avance. Celle-ci finie, nous partons faire le tour de l’île pour rejoindre le prochain traversier. L’idée de base était d’en prendre un autre tout proche qui devait nous déposer à 60km d’Himeji, et que nous roulions encore un peu de l’autre côté pour nous placer à une vingtaine de kilomètres cette nuit. Mais nous n’avions pas prévu le dénivelé sur l’île, pensant bêtement que nous n’aurions que des routes côtières plates. Que nenni. De belles montées, suivies de belles descentes, le tout pour nous faire arriver trop tard au ferry. Ce dernier quitte le port quand nous arrivons à sa hauteur. Impossible d’attendre le prochain départ une heure ou deux après. Alors nous décidons de continuer jusqu’au prochain port. De là, un ferry partira au petit matin pour nous faire arriver directement à Himeji. En chemin, à trois kilomètres de notre destination, une petite plage, avec toutes les commodités. Parfait pour y poser notre tente. Le hic, ce dernier est payant. Mais personne à l’horizon… pendant une heure, avant qu’une vieille dame se porte à notre hauteur et que nous dussions payer notre emplacement. Qu’importe, au moins, nous avons le droit à l’électricité pour recharger tous nos appareils. La tente sous l’abri, nous pouvons nous détendre au bord de l’eau sans toutefois nous baigner cette fois-ci, les températures ayant bien chuté en quelques jours. Alors nous regardons quelques pêcheurs s’affairer avant que la nuit ne tombe sur la plage.

Jour 214 – Ile de Shodoshima à Himeji

Le vent et la pluie nous auront tenu compagnie pendant notre nuit. Le premier s’engouffrant dans la tente par les ouvertures que nous avions laissé à cause de l’espace réduit pour tout mettre. La deuxième en tapant joyeusement sur notre avancée où se trouvaient nos affaires. Mais rien pour ne pas être le sourire aux lèvres quand nous devons nous lever à 6h. Ou peut-être l’heure un peu trop matinale pour Kikinette. Un jour elle arrivera à se faire à ce type de réveils très matinaux. Rêver est important pour continuer ! Alors la tente dans le sac, nous pouvons enfin partir juste avant 7h00. Une petite côte nous attendait pour arriver de l’autre côté de la montagne où se trouvait le port. Quelques kilomètres et nous voilà dans la salle d’attente. Une dame derrière le comptoir nous dit qu’il faut attendre encore un peu avant qu’elle puisse vendre les tickets. Puis dix minutes plus tard, elle fait signe à Kiki de s’approcher. Voilà, nous avons nos billets, nous pouvons embarquer à nouveau dans un ferry bien luxueux. Les vélos seront encore plus bichonnés que dans le précédent, avec des tissus pour les protéger pour ne pas toucher les barres. Comme si nos vélos n’avaient pas connu pire. Mais ils semblent heureux de cette petite attention. Alors nous les laissons dans la cale pour nous installer confortablement à l’étage.

Kikinette termine sa nuit pendant l’heure et demie suivante de notre traversée. Kiki écrit un peu, regarde quelques animés (oui, nous ne sommes pas au Japon pour rien), et monte une vidéo pendant ce temps. Quand enfin le port d’Himeji est en vue, nous retrouvons nos montures pour les détacher et partir à la recherche de notre hôtel. Une fine pluie nous accueille, mais rien pour vraiment nous mouiller. L’hôtel en vue, nous y entrons dans l’espoir dans la chambre. Rien du tout. Nous ne l’aurons pas avant 15h00. Et pour les vélos, impossible de les garer à l’intérieur, même si ils ont un espace pour. Nous ne comprenons pas, mais la seule solution est de les mettre au parking à vélo à une centaine de mètres de là. Nous voilà à devoir payer pour que nos vélos puissent profiter d’Himeji tout comme nous. Pourquoi pas, nous ne savions pas que les hôtels refusaient ainsi. Une première depuis presque sept mois. Un peu déçu par le personnel, nous laissons nos bagages dans un coin qu’un membre nous désigne, nous changeons rapidement, et partons explorer le cœur d’Himeji. Nous avions plusieurs sites au programme, mais le mauvais temps et la pluie accélérant sa cadence nous empêcherons d’aller au Nord de la ville découvrir un temple.

Direction le château d’Himeji. Un château que Kiki voulait absolument voir. Tous les détours avaient été imaginés pour que notre route passe obligatoirement par cette ville. Alors nous empruntons le boulevard principal qui nous donne une vue tronquée de ce magnifique château. Quand enfin nous approchons de la porte principale et la passons, nous arrivons sur un immense jardin. Là, notre regard se lève pour contempler cette imposante structure qu’est le château d’Himeji. Une pure merveille architecturale comme savent si bien le faire les japonais. Le mélange blanc des murs et gris foncé des toits auraient pu avoir un impact encore plus important si le ciel n’avait pas été lui bien gris et noir en ce jour. Pas grave, nous pouvons toujours regarder les photos sur les cartes postales ou sur les panneaux d’informations pour nous faire une idée de la beauté du lieu par un jour ensoleillé. Les tickets achetés, nous pouvons enfin commencer la visite. A l’Ouest toute pour longer une partie de la muraille nous amenant sur les appartements privés du Seigneur (Nagatsubone). Ici, les chaussures sont prohibées, alors nous devons les ranger dans un sac plastique qui nous est distribué à l’entrée. Nous comprenons aisément l’utilité d’une telle mesure quant on sait que l’ensemble des châteaux japonais sont en bois. Alors nous voilà à déambuler d’étages en étages, entre les pièces privées et publiques, nos pas glissant lentement sur le bois. Cette partie est surtout historique, pour nous en apprendre plus sur la construction du château, sur l’influence des différentes familles y résidant, mais aussi nous faire partager la vie quotidienne de ses occupants. Les fenêtres sont légions. Nous avons tout le loisir de contempler aussi bien Himeji autour que l’intérieur même du château. De quoi ne jamais rater l’occasion de faire quelques photos pour Kikinette.

Le long corridor terminé, la lumière du jour revenant nous titiller après avoir été dans une quasi pénombre à l’intérieur du bâtiment, nous nous chaussons à nouveau… pour mieux nous déchausser à nouveau une fois devant le donjon principal. L’attraction principale et le point culminant du château. Cinq étages (ou six en comptant le sous-sol) à gravir pour arriver à son sommet et avoir une vue panoramique sur Himeji. Nous pensions continuer une visite culturelle comme dans l’aile précédente ou avoir des expositions comme dans le château d’Hiroshima, mais à la place, nous pourrons admirer uniquement la qualité du bois des différents étages. Le donjon est quasiment vide, mais n’en demeure pas moins intéressant pour autant. Le seul hic avec les lieux touristiques de ce style, c’est le nombre de touristes qui s’y presse. Incalculable. Nous voilà donc presque à la queue dans les escaliers pour monter et descendre entre les étages, puis à attendre parfois que les fenêtres se libèrent pour admirer la vue. Et quelle vue. Les seigneurs de l’époque devaient être heureux de pouvoir regarder à l’extérieur pour avoir une vue aussi lointaine sur leur domaine. Nous, nous redescendons, sous une pluie qui commence alors à faire rage, pour partir nous abriter dans un restaurant.

Comme nous savons bien que la pluie ne s’arrêtera pas en lui demandant gentiment, nous retournons près du château d’Himeji pour finir notre visite du matin. Direction le jardin adjacent, répondant au nom de Kokoen. Derrière ses « petites » murailles (en comparaison aux immenses du château), nous découvrons un ensemble de jardins thématiques qui nous laissent sans voix. Zen. Voilà une sensation d’apaisement immense en marchant dans les allées de chaque jardin. Ici avec une « rivière » où d’énormes carpes nagent. Là une forêt de bambous. Ou là encore un espace dédié aux herbes médicinales. Chaque jardin semblant complètement déconnecté de la ville et de son bruit ambiant, comme si nous étions dans un paradis à l’écart de tout. Un moment de repos bien mérité. Avec le soleil et en plein été, il doit faire bon d’amener ses pas vers ce lieu. Nous ne pouvons qu’apprécier cette visite et tous ses charmes qu’elle nous procure.

Revigorer par le jardin Kokoen, la pluie s’étant même arrêtée entre temps, nous décidons de faire le tour du château par ses jardins extérieurs. De quoi prendre notre temps tout en ayant des vues différentes de ce dernier. Quand enfin nous revenons devant sa porte principale, nous prenons le chemin de l’hôtel. La chambre est prête, et nous y découvrons un lit ni simple, ni double, mais qui ne nous contiendra pas tous les deux. Quelle idée de faire de telle chambre et de les proposer pour deux personnes. Qu’importe, cela sera parfait pour reposer nos jambes, manger quelques sushis et penser au lendemain.

Jour 215 – Himeji à Iganawa

Les plans sont faits pour être constamment changés. Alors, quand nous déjeunons au dernier étage de notre hôtel, Kiki vidant littéralement l’ensemble de l’excellent buffet qui nous était proposé (Kikinette n’étant pas en reste), nous changeons d’itinéraire. Exit Kobe et son magnifique bœuf, bonjour les montagnes pour rejoindre Kyoto. N’étant pas très friands pour faire deux journées complètes dans l’enfer des villes japonaises continues, nous décidons de repousser notre étape de Kobe à la fin de notre voyage, pour en faire notre dernier repas. A la place, nous partons sous des piscines olympiques d’eau pour contourner toute cette belle urbanisation. Et c’est le ventre ultra rempli que nous pouvons affronter cette épreuve. Il faut dire que nous partons vers 10h30, alors nous avions besoin de réserves pour tenir jusqu’au milieu de l’après-midi pour faire nos espagnols.

Les vélos retirés de leur parking, deux petites pièces de 100 yens dans la machine, nous passons le portique sous le regard ébahi du surveillant qui a dû lui aussi nous prendre pour des fous de partir jusqu’à Kobe sous cette averse. Mais qu’importe, la pluie est vivifiante pour l’âme et pour le corps. Ou du moins, elle nous permet surtout d’être bien collant avec nos habits. Rien de mieux pour entamer une journée. Il nous faudra une bonne heure pour quitter enfin Himeji par le Nord, repassant devant un château faisant tout autant la triste mine que la veille sans une once de soleil. Quand enfin la ville s’égare derrière nous, nous sommes seuls au monde. Quelques voitures de temps à autre, mais le chahut de la ville n’est plus. Les rizières sont les seules à nous tenir compagnie le long des montagnes. Nous les montons un peu, voire beaucoup, avant de les redescendre aussi sec. Du dénivelé qui forme bien les jambes. Heureusement que nous sommes sur du pur asphalte, et plus sur la rocaille tadjike !

La pluie ne durera « que » deux heures, de quoi nous tremper jusqu’aux os pour toute la journée. Nous aurons le temps de « sécher » tant bien que mal avec le vent venant nous fouetter régulièrement. Nous nous pensions chanceux en quelque sorte de pouvoir arriver sans peine jusqu’à notre aire de repos ainsi, au calme, sous de beaux nuages gris. Mais c’était trop espérer. Dix petites minutes avant d’arriver, la pluie revient nous chatouiller pour nous laisser un souvenir, avant de s’arrêter quand nous stoppons les vélos à l’abri. Ah les joies de la météo ! Là, nous tombons sur une grande aire de repos, de nombreux magasins et restaurants et même un convenient store juste en face. Il est encore tôt, juste de quoi prendre notre goûter. Alors nous attendons patiemment que tout le monde ferme pour poser notre tente à l’abri. Un chat errant se balade. Kikinette n’ira pas cette fois essayer de l’apprivoiser pour en faire notre animal de voyage. Le temps de cuisiner quelques pâtes au pesto (japonais), d’entendre au loin le cri soutenu de la foule pendant plusieurs heures pour une raison inconnue, et nous pouvons dormir l’esprit léger en pensant à notre escapade sur Kyoto.

 

Jour 216 – Iganawa à Kyoto

5h30. Une personne commence des va-et-vient autour de la tente. Nous comprenons rapidement qu’il commence l’installation de son stand, mais nous ne semblons pas le gêner pour l’instant, alors nous continuons notre nuit encore un peu. Vraiment un peu. Vers les 6h30, quatre ou cinq personnes viennent se joindre à lui pour commencer à monter des tables et chaises qui se trouvaient à deux pas de nous. Nous nous disons que notre temps est compté avant que nous n’ayons à bouger, mais Kikinette continue sa nuit en attendant le moment où une dame vient tout doucement bouger notre tente, en disant « gomennasai ». Nous comprenons que l’heure est venue. En moins de dix minutes, nous plions la tente et rangeons toutes les affaires pour nous déporter vers des bancs au soleil un peu plus loin. Au Japon, poser sa tente n’est pas un problème, il suffit juste d’être prêt à l’enlever très rapidement et très tôt à chaque fois, pour ne pas déranger les habitudes des locaux. Alors nous prenons notre temps en regardant la rivière s’écouler tout en déjeunant. Une cinquantaine de kilomètres à faire seulement, et nous n’avions rendez-vous que vers 21h00 avec Mathias.

Nous roulons toute la matinée avant de faire une grosse pause devant un supermarché à l’entrée de Kyoto. Là, c’est le moment ravitaillement. Kiki part pendant une vingtaine de minutes explorer tous les rayons un à un. Le panier se remplit doucement. Légumes, fruits, sauce, riz, pâtes, gâteaux, tout y passe pour déborder une fois à la caisse. Nos plus grosses courses depuis le début de notre voyage. Mais il fallait au moins ça pour tenir les prochains jours sur Kyoto sans pour autant devoir aller au restaurant à tous les repas. Là au moins, nous avons l’esprit tranquille en nous disant que nous pourrons cuisiner nous même pour faire quelques économies. Nous profitons de la grande surface pour passer par le rayon frais pour nous faire notre midi. Là, une heure passe avant que chauffé par le soleil, nous repartons faire quelques kilomètres jusqu’au magasin de vélo que nous avions repéré. Hélas, une fois sur place, quand nous lui montrons le problème au niveau du moyeu du vélo de Kikinette, ce dernier nous répond qu’il ne peut pas nous aider. Il est tôt. Très tôt. 14h00. Nous cherchons rapidement un jardin où nous poser, avant de finalement nous poser à la terrasse d’un grand clown pour y passer le reste de notre journée.

Ce n’est que vers 21h00 que nous retrouvons Mathias à quelques pas de là. Lui finissant sa journée de travail et revenant d’Osaka, il nous conduit à son appartement. Les vélos attachés, et les bagages montés au quatrième étage, nous pouvons tous nous poser. Mathias nous sort alors des bières et une bouteille de Bordeaux, qu’il accompagne de quelques chips. Le combo parfait pour discuter tous ensemble pendant de nombreuses heures, à refaire le fil de nos derniers mois depuis le Kirghizistan et sur les prochains à venir. Ce n’est que vers 1h00 que nous montons le « camps » et nous couchons, Mathias devant repartir dans la matinée pour une semaine de déplacement sur Niigata. Une bonne soirée pour entamer notre séjour sur Kyoto.

 

 


Data depuis le début

  • Kilomètres parcourus : 8 484,52
  • Temps de déplacement : 529h13m16s
  • Altitude : 63 753+ / 61 498-
  • Calories dépensées par personne : 257 932

 

Par | 2017-10-14T11:18:25+00:00 octobre 16th, 2017|Japon|1 Comment

Un commentaire

  1. Ernandorena Jean Jacques 16 octobre 2017 à 10 h 06 min - Répondre

    Bonjour à tous les 2,

    Il n’y a que les belles plantes qui sont arrosées.
    bon courage
    Jean Jacques

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