Journal de bord – 054

Jour 220 à 222 – Kyoto

Direction l’Est de Kyoto pour la quatrième journée

Une journée très spirituelle avec la visite de trois temples majeurs de Kyoto : Nishi Honganji, Higashi Honganji et Kiyomizu-dera. Les deux premiers se font pratiquement face, en plein cœur de Kyoto, à deux pas de la gare centrale. Ils sont démesurés. Deux vastes complexes comprenant une multitude de bâtiments, dont un temple principal à chaque fois possédant des dimensions hors-normes. Pour les deux, nous n’aurons vraiment la possibilité que de les « visiter » très succinctement, seules les cours principales étant ouvertes au public. Plus de la moitié des autres bâtiments étant réservés au personnel. A chaque fois, nous passons sous une porte gigantesque qui nous conduit dans une cour de petits graviers bien tassés qui nous emmène devant les deux temples principaux. A l’intérieur de ces derniers, de vastes espaces de prière où les fidèles s’arrêtent un moment pour écouter les prières des moines. C’est les chaussettes qui feront le travail pour respecter au maximum le magnifique bois dont sont bâtis les temples. Comme au château de Nijo, chacun de nos pas crée une petite musique « douce ». Alors nous prenons le temps de les parcourir et d’admirer les détails dans chacune des finitions des murs et des piliers qui soutiennent ces œuvres d’architecture.

Puis nous reprenons nos vélos pour nous porter vers Kiyomizu-dera, totalement à l’Est de la Kyoto. Une gentille petite côte nous y emmène, droit sur un parking où poser nos vélos. Là, une quarantaine de bus sont installés, attendant le retour de leurs passagers. En les voyant, nous savons que nous entrons dans une aire très touristique. Nous ne nous attentions pas à ce que tout le monde se concentre dans la seule et unique artère permettant d’accéder au temple. Une allée des boutiques et restaurants où pullule les touristes. A être trop sur nos vélos, nous en oublions presque à quoi peut ressembler de tels bains de foule. Nous nous frayons un chemin tant bien que mal jusqu’au sommet pour découvrir que le temple principal est en rénovation extérieure. Qu’importe, les attraits intérieurs et ses jardins n’en demeurent pas moins intéressants pour autant. Le seul hic, qui nous embête un peu à la sortie, c’est de payer (beaucoup) pour juste traverser le temple. Rien de plus. Nous pensions que cela nous permettrait d’accéder à tout le complexe, mais en fait non. Nous aurions pu en faire le tour et économiser de l’argent. Tout l’attrait du temple étant dans son architecture extérieure, l’intérieur étant plutôt pauvre. Dommage pour nous. Mais nous continuons quand même la visite des jardins entourant le temple. Des classes entières d’écoliers ont fait le déplacement et posent régulièrement en groupe bien ordonné, les garçons d’un côté et les filles de l’autre, pour des photos de classe. A chaque fois, nous sommes « surpris » par l’élément qui va distinguer les classes entre elles (ou les écoles, nous ne savons pas), que cela soit le traditionnel uniforme ou la casquette de couleur. Tout est bien ordonné.

Alors pour ne pas rester uniquement dans la foule, nous partons explorer les petites allées annexes qui forment le quartier. Nous y découvrons de nombreux magasins traditionnels, chacun avec leur spécialité. Nous nous arrêtons ici pour regarder un dessinateur réalisant un portrait japonais de plusieurs touristes, là pour observer des personnes s’essayer à l’art difficile de la poterie. Poterie quasi omniprésente dans la vie des japonais qui en ont fait un art à part. Puis nous manquons de peu de ne pas reconnaitre l’enseigne à la sirène verte, tant bien que la marque a réussi à s’intégrer parfaitement dans l’ambiance et dans l’architecture typique du quartier. Ce n’est qu’à la fin de notre tour que nous tombons sur une boutique de montres. Toutes des modèles uniques de grande qualité. Kiki tombe amoureux d’une en particulier faite en bambou. Hélas, la taille ne convenait pas. Il lui faudra attendre une autre ville pour peut-être retrouver un tel horloger. Dommage. Alors nous rentrons à l’appartement sous une douce et fine pluie qui décide de venir laver nos vélos en cette fin de journée.

Retour en centre-ville de Kyoto pour le cinquième jour

Nous ne retournons pas sur nos pas, mais presque. Après plusieurs jours très culturels orientés patrimoine architectural ou religieux, nous décidons pour notre dernier jour seul sur Kyoto d’en apprendre plus sur le sixième art japonais. Mais avant de passer les portes du musée du manga, nous divaguons un moment dans les ruelles marchandes. Non pour dépenser notre argent ou même remplir encore plus nos sacoches…juste pour nous imprégner de l’ambiance, pour découvrir ce que les japonais affectionnent, ce qu’ils consomment et produisent en termes d’artisanat. Alors nous déambulons dans les allées au gré de nos envies, nous perdons même dans un magasin Disney, avant de nous retrouver dans un magasin de camping et de terminer dans un 7eleven pour déjeuner sur le pouce. Quand enfin nous terminons notre balade visuelle, nous passons les portes du musée.

Plus qu’un musée sur l’univers du manga, il s’agit d’une gigantesque bibliothèque dédiée au genre. Plus de 40000 ouvrages sont ainsi à la libre disposition des visiteurs qui peuvent les emprunter et se poser sur les nombreux canapés afin de lire en toute quiétude. Nous en ferons partie nous même à la fin de la visite. Plus Kiki que Kikinette, car pour lui, ne plus pouvoir avoir sa dose hebdomadaire est une chose assez difficile. Ne plus lire autant qu’avant devient difficile, alors pendant plus d’une heure et demie, nous nous plongeons dans plusieurs mangas. En français. Oui, car le musée a prévu de la lecture pour ses visiteurs étrangers. On retrouve ainsi des éditions anglaises, espagnoles, portugaises sur certains rayons. Mais leur nombre reste bien « limite » en comparaison à l’immense collection japonaise qui se trouve à tous les étages.

Aux étages, nous pouvons tourner dans trois expositions, dont deux qui sont temporaires. La première nous emmène dans l’univers culinaire de Cooking Papa, un manga japonais, pionner dans le genre. Entre les planches de dessins, l’exposition nous propose de revenir en photos sur les recherches culinaires du dessinateur qui est parti en Corée du Sud et en Chine faire quelques recherches. Le clou du spectacle reste pour nous très certainement cette centaine de planches du manga où l’auteur nous propose des recettes illustrées à la perfection. Encore mieux que nos vieux livres de recettes, celui de Cooking Papa aurait de quoi faire fureur si il était traduit dans d’autres langues. L’autre exposition nous emmène dans un autre manga, Ikemen, inconnu au bataillon, avec des images de film, d’adaptation théâtrale et de croquis. Rien de bien passionnant sur le coup. Par contre, la dernière salle est un coffre au trésor hallucinant. Elle regroupe par années depuis les années 50 les mangas qui ont marqué leur époque. Alors Kiki s’arrête de temps à autre quand il croise certains mangas qu’il a pu lire ou voir en animé. Entre Olive et Tom, et Ken le survivant, il lui est difficile de ne pas les feuilleter à nouveau pour s’imprégner de ces chefs d’œuvre de son enfance.

À la sortie, l’impression est mitigée quant à ce musée. Nous nous attendions plus à des expositions plus poussées sur l’univers du manga et sur les franchises qui ont pu en faire son succès à l’international. Au final, c’est une bibliothèque bien remplie avec de nombreux goodies qui permet de se replonger dans de nombreux mangas (si peu qu’on lise le japonais) à un prix assez élevé. Il faut donc savoir à l’avance ce que l’on souhaite y trouver avant d’y entrer. Mais le bon moment de lecture n’entachera pas la bonne journée de passée. Une glace y contribuera aussi après le musée, ainsi que pour Kiki de trouver un magasin Lupicia sur le chemin du bus. Voilà sept mois qu’il consomme leurs différents thés, et les réserves étaient presque épuisées. Voilà une chose de réparée pour les prochains mois.

Une fois dans le bus, nous pouvons nous asseoir pour repenser à notre séjour sur Kyoto. Mais aussi à notre première expérience avec les bus japonais. En bons français, nous essayons de monter par l’avant. Faux. Ici, c’est par l’arrière que nous devons le faire. L’avant sert à sortir et à payer son ticket. Une petite machine nous permet même de faire la monnaie avant pour être sûr de payer la bonne somme pour que le conducteur ne s’occupe de rien à ce niveau. Par contre, il sera là pour toujours nous dire grâce à son micro quand le bus s’arrête et surtout quand il redémarre pour ne pas être « gêné » par l’accélération. Tout est pensé pour le confort des passagers. Et la courtoisie, ou appelons ça l’éducation simplement, est juste exemplaire.

Balade à vélo avec Mathias pour notre dernier jour sur Kyoto

Alors que nous devions reprendre la route, nous décidons de rester une journée de plus sur Kyoto pour profiter de la ville en compagnie de Mathias. Il est de repos après sa semaine en déplacement, alors quoi de mieux pour qu’il nous fasse découvrir quelques coins sympas de cette immense agglomération que nous n’avions pas encore exploré. Nous retournons à l’Est, vers le quartier de Sagatoriimoto. Nous pensions avoir déjà bien parcouru ce dernier, mais nous nous étions trompés. Dans ses hauteurs, en nous éloignant de la foule massée autour du jardin de bambous, nous y découvrons un petit village traditionnel niché dans les montagnes. Un peu plus haut, c’est le temple Otagi Nenbutsu Ji qui va nous éblouir. Perché au milieu des arbres, nous découvrons des centaines de petites statues recouvertes plus ou moins de verdure. Nous prenons le temps tous les deux de le visiter, Kikinette s’essayant à faire sonner les cloches, tandis que Kiki scrute les formes toutes différentes des sculptures qui semblent toutes avoir une histoire à raconter. Alors nous nous imaginons ce qu’elles peuvent être l’espace d’un instant. Puis nous passons dans une galerie rétrospective du lieu à différentes époques de l’année. La saison des cerisiers en fleur comme celle de l’hiver enneigé nous donne des étoiles dans les yeux. Mais il sera difficile pour nous d’attendre aussi longtemps pour voir cela se réaliser dans l’immédiat.

Alors nous redescendons pour mieux faire une pause au milieu d’un pont pour que Kiki fasse une démonstration du drone à Mathias. Encore une nouvelle personne conquise par les possibilités qu’offre un tel appareil. Craquera-t-il, nous le verrons bien. Le temps de tout ranger dans le sac, nous partons déjeuner sur le pouce dans une boulangerie de son quartier. Un petit régal, avec un pain plutôt pas mauvais. Nous pourrions nous reconvertir en critique culinaire sur le pain, tant notre baguette peut nous manquer et que nous essayons de trouver un équivalent depuis sept mois maintenant. Quand nous finissons, direction le quartier résidentiel de Hanazonomyoshinjicho. Nous pensions qu’il s’agissait d’un immense complexe de temples bouddhistes, mais passé le premier, nous nous rendons compte que ce qui se cache derrière n’est rien d’autre qu’un magnifique quartier japonais authentique. Des petites maisons avec des jardins parfaitement entretenus qu’il nous est possible d’admirer depuis le chemin. Très peu de monde se balade ici, et le bruit de la ville semble s’être évanoui. Comme si Kyoto n’existait pas à l’intérieur de ces murs. Juste un calme absolu que deux véhicules électriques parcourent pour amener une dizaine de touristes à travers le dédale de ruelles pavées qui sillonnent les murs des propriétés. Un régal pour la photo. Kikinette en profite pour questionner Mathias et avoir quelques astuces supplémentaires pour apprendre toujours plus.

Le reste de la journée, c’est un retour à l’appartement. Mathias donnera un cours magistral de Lightroom pour retoucher simplement les photos, avant qu’il ne se décide à nous faire à nouveau à manger. Comme la veille au soir, c’est lui le chef cuistot, et nous devenons ses apprentis. De nouvelles recettes en poche pour nos prochains arrêts, et de quoi nous régaler. Nos papilles le remercient grandement pour ces succulents repas. Il faut dire qu’il a de bons restes de son ancienne vie où lors de son arrivée au Japon il était alors dans les cuisines d’un restaurant, avant de retourner à sa passion, la photographie. Une histoire qui nous semble très familière au final… Alors nous profitons de nos dernières soirées avec Mathias pour parler de tout et de rien, pour refaire le monde, pour parler du futur, mais aussi simplement des bons moments. Une ville de Kyoto qui nous aura bien reposé pour reprendre l’aventure !

 


Data depuis le début

  • Kilomètres parcourus : 8 484,52
  • Temps de déplacement : 529h13m16s
  • Altitude : 63 753+ / 61 498-
  • Calories dépensées par personne : 257 932

 

Par | 2017-10-23T13:13:00+00:00 octobre 25th, 2017|Japon|1 Comment

Un commentaire

  1. Ernandorena Jean Jacques 26 octobre 2017 à 22 h 20 min - Répondre

    Bonjour tous les 2,

    Kyoto ! quelle ville !!!
    ça doit être impressionnant
    Quel beau périple
    Bon courage
    Jean Jacques

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