Journal de bord – 055

Jour 223 – Kyoto à Makino

Une dernière nuit à Kyoto, et nous voilà déjà à faire nos au-revoir à Mathias sur le pas de son immeuble. Une longue et bien reposante semaine dans cette immense ville qui nous aura montré de nombreuses facettes de son histoire et de sa culture. Maintenant, nous devons la retraverser d’Ouest en Est une nouvelle fois, avec nos vélos chargés, pour la quitter sur les bords du lac Biwa. Plus facile à écrire qu’à faire. Si la route est bien droite pour nous amener vers notre bifurcation lorsque nous devons toucher l’eau, nous avions oublié déjà ô combien notre GPS était farceur. A ne presque plus l’utiliser, il a voulu se rappeler à nous de la meilleure des manières : en nous proposant une belle côte à escalader pour quitter Kyoto. Notre plan était normalement de contourner par les plaines un peu plus au Sud pour s’éviter cette montagne, mais le GPS s’est dit que c’était plus rapide. Plus rapide de pousser nos vélos dans un petit chemin de montagne sous une pluie battante. Toujours plus amusant. Toujours plus vivifiant. Après une semaine sans longue distance, nos jambes étaient contentes pour la reprise.

Quand enfin nous arrivons sur la route 161 qui doit « longer » le lac pour remonter vers le Nord, nous déchantons rapidement. Point de lac. Du moins, si, il y en a bien un, derrière les bâtiments qui le longent dans sa presque quasi-totalité. Et aucun chemin cyclable pour s’éloigner de l’artère principale et de son trafic assez important. Dommage pour nous. En même temps, compte tenu de la météo bien glaciale et pluvieuse, nous n’avions pas l’intention d’aller nous baigner ou de nous arrêter pour contempler le lac. Alors nous roulons, roulons, roulons bien sans vraiment prendre de pause. Sauf pour manger bien entendu et se mettre à l’abri dans un convenient store. Mais rien de plus. Si ce n’est que nous remarquons depuis le début que dans tous ces supermarchés de proximité, nous y trouvons à chaque fois un espace librairie où se côtoient aussi bien les mangas, la presse quotidienne, les magazines peoples, et tout au fond quelques revues coquines. Celles-ci ne semblent pas avoir disparu des rayons japonais et doivent avoir un certain succès si elles occupent toujours autant de places dans les étagères. Le reste, ce n’est que de la route bien trempée, comme nos vêtements et nos corps, avant de trouver un petit coin sympathique pour nous arrêter avec vue sur le lac. Tout du long, pendant nos trois heures de pédalage de l’après-midi, nous ne faisons que croiser des véhicules militaires, encore et encore, retournant dans le Sud. Un véritable arsenal mobile.

Alors que nous attendons que la nuit tombe, au loin, deux cyclistes arrivent. Ils cherchent aussi un campement pour la nuit. Nous faisons alors la rencontre de Paul et Rachel, un couple anglais, arrivés il y a quelques semaines au Japon avec l’envie d’y rester trois mois pour parcourir du Nord au Sud, de Sapporo à Fukuoka, toutes les beautés du pays. Nous voilà chacun à poser notre tente d’un côté, à ranger les affaires, avant de commencer à cuisiner tous ensemble à l’abri de la pluie fine du soir. En attendant que l’heure arrive, Kiki s’amuse avec un bambou ramassé la veille afin d’enfin réaliser son porte-drapeau qu’il souhaite depuis plusieurs mois. Ce n’est qu’après une heure et de multiples essais qu’il sera satisfait de son œuvre qui pourra trôner à l’arrière du vélo dès le lendemain. Mais pour l’instant, c’est autour des casseroles que les conversations s’activent le plus. Paul et Rachel, tous deux mariés, la trentaine, se sont lancés dans cette aventure pour s’essayer au touring. Comme Kikinette, Rachel n’avait pratiquement jamais pédalé avant de partir, et l’idée venait plus de Paul. Mais aujourd’hui, après plusieurs semaines, ils sont plus que satisfaits et heureux. Peut-être un jour les routes du monde les appelleront aussi. Mais actuellement, ils ont plus pris un break en quittant leurs emplois dans leurs universités respectives. Rachel était professeure de littérature anglaise, tandis que Paul s’occupait des étudiants handicapés dans leur parcours scolaire. Nous échangeons un bon moment, nous de leur raconter les bons plans du Sud du Japon et les merveilles de Shikoku, tandis qu’ils nous font découvrir en avance le Nord et notre prochaine destination de Kazanawa. Eux de nous dire aussi qu’ils sont restés quelques jours auparavant dans cette ville avec un hôte Warmshower d’une gentillesse extrême. Kiki garde l’information dans un coin de sa tête pour le contacter le lendemain. Puis ils nous parlent de la route du lendemain, qui semble truffée de tunnels et de montées plutôt intéressantes. Rien qui ne semble pouvoir nous décourager, plutôt de quoi nous donner envie de découvrir les paysages au sommet de ces montagnes. Le cadran tournant vite, nous nous séparons là, retournant chacun dans nos tentes après une bonne journée pluvieuse.

Jour 224 – Makino à Sakai

Le programme était plutôt chargé pour nous, avec un bon nombre de kilomètres. Alors nous plions bagages assez tôt. Ce n’est qu’au moment de partir que nous croisons Rachel et Paul qui entament leur petit-déjeuner. Paul nous offre alors une carte postale fait main. Nous avons le droit à une création de sa part afin de nous accompagner dans notre périple. Cela nous rappelle alors une autre cycliste belge, Laurène, qui elle aussi prenait le temps pendant son périple de poser avec ces crayons les paysages qui l’entouraient. Une excellente manière de voir le monde. Dommage pour nous que nous ne soyons vraiment pas bons dans ce domaine, un jour peut-être tenterons-nous, mais la photo semble plus nous convenir pour le moment. Nous les quittons alors et les remercions pour l’attention que nous gardons avec les autres cadeaux que nous avons pu recevoir au cours du voyage. Si nous pensions échapper à la pluie, ce ne fut que pour les cinq premières minutes sur le vélo. Passé ce délai, nous avons eu le droit à une nouvelle journée complète de pluie. Comme les plantes, nous prenons au Japon notre dose d’eau pour être sûr d’être assez arrosé.

L’ascension est directe. Nous pensions avoir plus de temps devant nous pour nous chauffer, mais non, nous avions vraiment camper à quelques kilomètres de celle-ci. Alors nous prenons notre temps pour grimper les 400m de dénivelé. Quand enfin nous arrivons au sommet, nous pensions en avoir fini pour la journée. Mais c’était se tromper. Nous tombons sur les fameux tunnels que Paul nous avait parlé la veille. Tous en monté. Tous plus ou moins long. Tous bien étroit. Kiki devant, ce dernier n’a pas pu voir le comportement incompréhensible (rajouter tous les noms d’oiseaux possible) d’un vieux japonais au volant de sa voiture. Ce dernier s’est mis juste derrière Kikinette et a commencé à la pousser jusqu’au moment où elle comprenne ce qui se passait et qu’elle frotte le mur du tunnel à la limite de la chute grave. Plus de peur que de mal au final, mais une incompréhension totale face à la situation. Jusqu’à maintenant, tous les conducteurs japonais (vraiment tous) nous doublaient avec largesse pour nous laisser plus d’un ou deux mètres avec eux. Mais là… non. Comme quoi, même au Japon, il y a des exceptions. La veste portera quelques marques noires, les gants auront bien protégé les mains, il n’y aura que le filet d’une sacoche arrière qui sera déchiré à moitié. Les tunnels seront gérés différemment à partir de ce jour.

Nous terminons alors la route plus calmement pour nous rendre jusqu’au Michi No Eki que nous avions repéré en pleine ville. Quand nous arrivons, tout est fermé. Le lundi semble être leur jour de repos. Une chance pour nous. Et une chance encore plus grande de trouver le point information touristique ouvert. Quelques tables, un bel espace pour mettre nos sacs de couchage par terre, et le Wi-Fi gratuit. Quoi de mieux pour nous remonter le moral, nous sécher, et passer une bonne nuit au chaud avant d’arriver le lendemain sur Kanazawa où nous avions eu la réponse de l’hôte Warmshower. Une journée en demi-teinte qui se termine mieux que prévu.

Jour 225 – Sakai à Kazanawa

Qui dit dormir dans un espace ouvert à tous, implique obligatoirement un réveil plus ou moins matinal par les locaux qui semblent bien nombreux à passer par les Michi No Eki, que cela soit pour les toilettes, se poser sur une table ou juste prendre une boisson dans l’un des nombreux distributeurs. Alors dès 6h30, nous commençons à avoir de la compagnie. Une dame âgée qui est venue faire son sport à l’autre bout de la pièce. Puis une autre qui vient prendre son petit-déjeuner. Cette dernière nous offre quelques tomates cerises qu’elle était en train de manger. Un cadeau bienvenu pour bien commencer la journée. Surtout que celle-ci est ensoleillée pour une fois. Nous crions louanges. Direction Kanazawa sous les rayons chauds du matin. Et qui dit soleil, dit pour nous la possibilité de nous arrêter à de multiples reprises pour faire des photos et vidéos, quand les deux jours précédents nous avons été presque mis au chômage technique. Devant nous, comme la veille, nous continuons sur une immense route n°8. Elle ne semble jamais terminer, tant et si bien qu’au moment où nous décidons de trouver un endroit où manger, il nous faudra rouler encore une grosse demi-heure pour en voir un. Nous nous prélassons un instant au soleil pour tenter de refaire notre bronzage qui s’efface progressivement au fil de nos kilomètres bien sous les nuages du Japon.

Quand nous reprenons la route, il ne nous reste qu’une vingtaine à avaler rapidement sur nos vélos. Il est autour de 15h00 quand nous arrivons devant la maison de notre hôte. Le panneau « Green House » pour nous montrer le chemin. Nous sonnons. Et c’est Sa-san qui nous accueille, la mère de Nobu, notre hôte. Ce dernier est encore au travail. Alors nous faisons les présentations avec Sa-san qui nous installe dans une chambre à l’étage avant de nous inviter à boire le thé japonais accompagné de quelques biscuits. Elle parle quelques mots d’anglais, et Kiki quelques mots de japonais. Alors nous essayons de nous présenter mutuellement et de discuter un peu, avant qu’elle ne nous montre la douche pour que nous puissions faire un brin de toilette. Le temps d’être propres sur nous, Kiki s’endort comme une masse pour une « petite » sieste selon ses dires. Il dormira pendant plus de deux heures, tandis que Kikinette s’affairera avec ses photos. Quand elle le réveille vers 18h00, tout est brumeux. Mais en bas, Nobu est arrivé. Alors nous nous préparons et descendons le rejoindre pour découvrir ce qui restera pour nous l’une des plus belles rencontres que nous ayons pu faire depuis le début de l’aventure.

Nobu est lui aussi un cycliste. Il y a trois semaines, il est rentré au bercail après plus de trois ans et demi sur les routes du monde à l’explorer et à l’aimer. L’Amérique (Sud et Nord) ainsi que l’Europe auront été ses terrains de jeu pendant toutes ses années. Mais surtout des endroits où il y fera de multiples rencontres au gré de ses pérégrinations à vélo. Des gens qui l’ont accueilli à bras ouvert. Alors aujourd’hui qu’il a terminé son voyage, il a décidé de faire la même chose, en devenant un hôte Warmshower pour pouvoir accueillir à son tour d’autres cyclistes, pour partager son expérience et pour écouter les aventures des cyclistes sur la route. Le meilleur moyen de ne jamais arrêter de voyager même en n’étant plus directement sur le vélo. En trois semaines, nous sommes sont quatrième couple de cyclistes qu’il héberge. Du moment où nous nous mettons autour de la table, à une heure avancée le lendemain, nous discuterons de tous les sujets possibles avec lui pour en savoir plus sur son expérience, sur ses conseils, mais aussi sur la culture japonaise qui peut nous intriguer par moment. Et lui d’être toujours prêt à parler avec nous et à nous expliquer les mille et unes questions que nous avons, même parfois les plus farfelues. Cette soirée sera aussi agrémentée par les petits plats succulents que Sa-san nous apportera, du poisson pour le plus grand plaisir de Kikinette. Kiki en goûtera certains comme il avait promis de le faire au Japon. Un délice. Nous sommes chouchoutés comme à la maison. Cela nous rappelle un peu notre passage chez Iole en Italie. Voilà pourquoi nous aimons le vélo. Voilà pourquoi nous aimons tant ces rencontres magnifiques du quotidien !

Jour 226 / 227 – Kazanawa

Dormir dans un bon lit nous pousse indubitablement à dormir quelques heures de plus. Surtout quand la soirée a terminé bien tard. Alors quand enfin sur les coups de 9h00 nous descendons, nous retrouvons Nobu et Sa-san dans le salon, nous attendant pour prendre le petit-déjeuner. Là, nous avons le droit à des plats traditionnels pour bien commencer notre journée. Nous aurions pu nous croire dans un grand restaurant étoilé tant le nombre de plats que Sa-san aligne petit à petit sur la table est impressionnant. Et la qualité… Non, nous ne pouvons pas la décrire sans nous tromper de qualificatif positif. Alors nous dégustons tout simplement avant que Nobu nous quitte pour aller travailler. Mais juste quelques heures, avant de nous retrouver en ville un peu après midi. Le temps de terminer toutes les assiettes devant nous pour faire honneur à la cuisine de Sa-san, nous préparons notre sac et partons nous aussi vers le centre-ville de Kanazawa. Sept kilomètres nous en séparent. Alors nous préférons laisser les vélos au garage et faire fonctionner nos jambes pour qu’elles se rappellent comment bien marcher. Le soleil est avec nous en ce début de matinée, mais il se fera de plus en plus timide au cours de la journée pour carrément disparaitre à nouveau dans la masse informe de nuages gris. Mais nous aurons pu au moins le voir !

En chemin, nous nous arrêtons à la gare de Kanazawa où un immense Torii en bois façon art moderne, trône au milieu d’un plafond de verre qui recouvre l’entrée principale. C’est à ce moment que nous trouvons un Wi-Fi pour consulter nos emails. Et nous découvrons alors une avalanche de messages de nos familles et nos proches qui nous félicitent après nous avoir vu dans le journal. Nous n’avions pas encore vu l’article à ce moment, mais quand Kiki ouvre le message de la journaliste, nous sommes émus. Emus de voir qu’une pleine page est consacrée à notre voyage et à notre engagement pour Lyli Association. Alors nous prenons le temps de le lire une fois ou deux, avant de répondre à tous les messages. C’est avec un immense sourire que nous entamons alors la visite de Kanazawa. Une visite qui sera assez courte, car nous avions rendez-vous une heure plus tard au marché central. Alors nous profitons de ce court laps de temps pour voir le Shrine Oyama. Nous ne faisons pas bien attention à ce moment-là que l’entrée principale était surmontée de vitraux. Cela ne sera qu’en fin de journée, en repassant avec Nobu qu’illuminés, ces derniers nous apparaitront. Un mélange entre le style Chrétien et Bouddhiste, en fonction des influences des époques. Nous en faisons le tour, prenant le temps de réaliser le chemin qui passe dans les jardins autour d’un petit lac. Le temple derrière nous, nous remontons vers le marché.

Quand Nobu arrive, nous pensions juste déjeuner avec lui avant qu’il ne rentre chez lui. Mais il préfèrera passer tout le reste de la journée avec nous pour nous faire découvrir sa ville et sa culture. Une chance pour nous. Nous voilà alors à arpenter presque tous les recoins de Kanazawa avec Nobu, passant dans les petites ruelles ici, dans les rues bondées par là, pour pouvoir profiter au maximum des richesses de la ville. Et richesse il y en a, puisque Kanazawa est réputée pour être le centre névralgique de l’or au Japon. Tout l’or y est acheminé pour être ensuite transformé. Mais nous pensions que cela s’appliquait uniquement aux bijoux et autres lingots. Que nenni. La nourriture est elle aussi impactée par ce commerce, en créant toutes sortes de mélanges où l’or vient garnir chaque met pour procurer une petite touche de couleur. Mais avant d’y goûter, puisque nous y gouterons bien entendu en bons voyageurs culinaires que nous sommes, Nobu nous fait faire un tour du marché principal où les étals affichent des poissons plus appétissants les uns que les autres. L’un d’eux terminera dans la besace de Nobu pour le repas du soir. Ne trouvant pas restaurant à notre goût ou n’étant pas plein à craquer, nous partons pour le quartier de Higashiyama Higashi Chaya. Une bonne quinzaine de minutes pour nous ouvrir l’appétit et nous amener dans un des quartiers les plus typiques et japonais qu’il existe.

Notre dévolu jeté sur un restaurant, nous déjeunons tous les trois en nous partageant quatre plats différents de riz, de viande, de poisson, d’omelette au riz, pour pouvoir goûter toutes les spécialités locales. Quand nos ventres étaient rassasiés mais pas trop, nous pouvions partir les combler avec un dessert glacé. Direction l’un des meilleurs glaciers de la ville pour y déguster… non pour y succomber sous le charme de glace à la vanille, à la fraise et au thé vert qui ne fondent pas. Nous rajoutons par-dessus un coulis de fruits avant d’ouvrir notre petit paquet d’or et de saupoudrer le tout pour finir notre extase du jour. L’idée d’en reprendre une deuxième est traversée à l’esprit à plusieurs reprises, mais nous avons su être posés, pour garder à l’esprit cet instant magique. Nous pouvons alors entamé la visite des canaux tout proche et des petites ruelles adjacentes pour contempler des maisons typiques. Le bois rouge du quartier nous fait penser à un certain quartier d’Amsterdam. Nobu nous confirmera alors qu’à une certaine époque, les geishas étaient plutôt nombreuses dans ce quartier. Le rouge est donc bien international à ce sujet-là.

Une fois que le drone s’est posé, et que Kikinette eut fini de discuter avec un photographe lui montrant de nouveaux réglages au détour d’une ruelle, nous partons vers les jardins du château. Nous y déambulerons pendant plus d’une heure, à nous émerveiller de la composition du jardin. Nous aurons même le droit d’apercevoir une multitude de travailleur à l’œuvre pour rendre cet espace vert simplement parfait. Il devait bien y avoir une trentaine voire une quarantaine en tout. Certains faisaient en sorte qu’aucune feuille morte ne vienne « salir » le tapis de mousse verte au pied des arbres. D’autres « élaguaient » les pins pour leur enlever épines par épines afin que la neige, une fois l’hiver arrivé, ne puisse pas faire trop s’alourdir les branches et les casser. D’autres encore étaient à enlever de minuscules groupes d’herbes au sol pour empêcher que la mousse ne soit trop dense. La perfection est un mot important ici. Et nous comprenons donc pourquoi il s’agit de l’un des trois importants jardins du Japon. Nous nous arrêterons aussi un moment pour contempler un couple de jeunes mariés en tenue traditionnelle, prenant leurs photos de mariage au coin des arbres. Tandis que le photographe tentait de tout faire pour arranger la photo et les détails au millimètre prêt, la sœur, la mère et la grand-mère de la mariée étaient autour à prendre elles aussi des photos avec leurs smartphones.

L’heure avançant, nous avons juste le temps de rentrer dans la cour du château pour y admirer ses murailles et son donjon de loin avant que les portes ne se ferment. Nous décidons alors de rentrer vers la gare de Kanazawa avec la nuit qui arrivait à grands pas. Nobu nous fait alors passer par le quartier des anciens samouraïs, où des maisons anciennes sont toujours en état. Dans les petites allées, aucun bruit ne se fait entendre. Nous sommes comme coupés du monde à nouveau. Nous décidons alors de passer les portes d’un potier qui se trouve là. A l’intérieur, nous y découvrons des œuvres simplement sublimes. Tout comme leurs prix assez exorbitant et bien au-delà de nos budgets. Nous pourrions manger pendant plusieurs jours tous les deux pour le simple prix d’un verre. Alors nous faisons bien attention à ne rien casser pour être certains de manger ! Puis la gare est en vue. Là Nobu nous aide à prendre le bus pour rentrer chez lui. Lui étant en vélo, et nous ne voulant pas faire de nuit encore une heure de trajet. Le système est différent ici. Nous devons prendre un ticket en entrant par l’arrière du bus, numéro qui s’affichera alors sur un écran à l’intérieur et nous indiquera le prix à payer en sortant. A chaque nouvel arrêt le prix augmentant comme à la bourse. Mais nous nous en sortons bien et pouvons rentrer chez Nobu.

Là, Sa-san nous avait de nouveau prévu un festin. Alors nous nous régalons une nouvelle fois d’une multitude de plats tous meilleurs les uns que les autres. Puis sur les coups de 21h00, Nobu nous invite dans le bar de sa mère où un couple d’amis l’attend. Nous passerons alors la soirée avec Eli & Ross, elle étant japonaise, lui anglais. Ils sont là pour quelques semaines pour rendre visite à sa famille avant de retourner sur Londres. Ross est cycliste lui aussi, de route, et a donc décidé de ramener pour ces quelques semaines son vélo de route avec lui. Et voilà comment Nobu a trouvé un compagnon de course pour aller faire un tour ce samedi. Dans le bar, quelques habitués qui boivent, mangent et chantent. Oui, car Sa-san fait aussi karaoké dans son bar. La particularité de celui-ci, c’est qu’à la fin de chaque musique, le programme va faire apparaitre l’image d’une femme avec des carrés. Ils s’enlèveront progressivement pour la dénuder en fonction de la qualité du chanteur. Mais autant vous dire qu’avant de voir quelque chose, il faut dépasser les 90%. Cela nous amuse un peu de voir que dans le Japon assez traditionnel, nous pouvons retrouver ce genre d’amusement. Un peu de folklore pour bien passer la nuit. Sa-san tenant son bar depuis plus de quarante ans, elle est rodée à l’exercice. Et nous nous passons une excellente soirée qui conclut une journée juste parfaite avec Nobu, à parler encore de tout et de rien.

C’est Nobu qui nous poussera (sans trop pour Kikinette) à prendre une journée de repos supplémentaire chez lui afin de ne vraiment rien faire. Nous écoutons ses conseils et ne faisons rien de la matinée. Nous dégusterons à nouveau les petits plats de Sa-san au réveil, avant de partir sur les coups de midi en ville. Nous voulions imprimer les photos de la veille pour les offrir à Nobu et Sa-san, et tenter de trouver un cadeau pour Sa-san également pour la remercier de tout ce qu’elle a fait pour nous. Nous ne trouverons les deux qu’en fin de journée, en nous rendant compte après avoir bien tourné, qu’il était en fait possible d’imprimer des photos dans les convenients stores. Puis sur le chemin du retour, un fleuriste nous tapera dans l’œil pour y trouver une plante originale dans un tube qui trônera dans le bar dès le soir même. Entre les deux, nous nous posons dans un Starbuck pour travailler et faire quelques recherches. Comme à notre habitude, nous squattons les sièges moelleux pendant plusieurs heures avant d’en partir. Nous passerons alors une dernière excellente soirée en compagnie de Nobu, avec une nouvelle fois une cuisine gargantuesque de Sa-san. Une escale à Kanazawa qui restera gravée pour nous.

 


Data depuis le début 

  • Kilomètres parcourus : 8 724,64
  • Temps de déplacement : 543h12m31s
  • Altitude : 65 268+ / 63 115-
  • Calories dépensées par personne : 264 563

 

Par | 2017-10-23T13:15:18+00:00 octobre 28th, 2017|Japon|1 Comment

Un commentaire

  1. Ernandorena Jean Jacques 30 octobre 2017 à 8 h 26 min - Répondre

    Bonjour à tous les 2,

    Que de beaux endroits et de belles rencontres
    Ca fait envie de découvrir tout ça.
    Bon courage
    Jean Jacques

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